Oginski, II
LA IM)L(MiNE ET LES DEliTTS DE LA KÉVOLL'TION. 49
les Polonais durent subir. Il prit naissance à Varsovie. Les Varsoviens s'étaient montrés très dévoués pour la cause nationale ; ils ne s'étaient pas seulement bornés à faire un accueil chaleureux aux Français, mais ils s'étaient mis à l'œuvre tout de suite. La ville fournit des chevaux, des chariots, de l'argent, des soldats. Au commencement on y mettait beaucoup d'ardeur, mais le 9 décembre déjà le capitaine MoUer devait écrire dans son rapport : « Les habitants de Varsovie se refroidisssent un peu dans leur enthousiasme pour les Français à cause des excès que commet le militaire, de la trop grande surcharge des logements et de la nourriture des officiers ^ » u L'armée française est, dit-on, 1res relâchée et se laisse aller à commettre des infractions à la discipline, par exemple un grenadier a renversé une casserole... sur la tête d'un conseiller intermédiaire. Ailleurs, un Polonais se promène tranquillement avec sa femme : on la lui enlève pour la brutaliser. » La police a ordonné que les l'enmies honnêtes portent des voiles sur la tête, pour leur donner ainsi la possibilité d'éviter des désagréments de la part des soldats français -. On ne se sentait plus à l'abri des violences, le mécontentement augmentait, mais malgré tout on voyait encore dans le soldat français le libérateur.
Le mécontentement se propagea bientôt dans la campagne. C'était au moment où les armées quittèrent Vaisovie et se mirent en campagne d'hiver. Les Français ne faisaient que suivre l'exemple des Russes. C'était d'autant plus excusable que rien n'était prêt pour les recevoir, que le pays était déjà pillé et les armées sans ressources. En outre, les habitants, dans beaucoup de régions étaient tellement intimidés par les Russes, qu'ils n'osaient servir les Française Les villages étaient abandonnés, les paysans s'étaient retirés dans les bois avec leurs pommes de terre et leurs bestiaux, les troupes manquèrent de tout dans leurs cantonnements^. Une certaine partie