Pradt, Hisioire de Vambassade, p
A BERLIN
Le 13 août 1806, Napoléon prononçait ces graves paroles : Les aflaires du continent se trouvent aujourd'hui tellement arrangées qu'il doit compter sur un repos durable. En vain sèmerait-on l'or et la corruption, on ne trouverait plus de souverain qui voulût vendre le sang de ses sujets ^ » Mais ce démenti officiel ne devait être que précurseur d'une nouvelle guerre, cettefois avecla Prusse. La cour de Saint-Gloud se prépare : tous les préparatifs faits, on se rapproche de l'Autriche. Napoléon lui-même, et ïalleyrand, cherchent par tous les moyens à inlluencer Metternich. L'Autriche, en s'armant, se décide pour la plus parfaite neutralité : on veut attendre l'issue de la guerre qui va éclater ^
Or il existait une question qui devait intéresser fortement la cour de Vienne. Dans le cas d'une guerre, les opérations pouvaient être poussées jusqu'en Pologne et la question polonaise allait se poser devant l'Europe. Metternich déclarait qu'à Paris on parlait de rétablir la Pologne, que même Jérôme était désigné comme son futur roi. Dans les bureaux on faisait des calculs statistiques pour savoir, s'il serait possible d'échanger la Silésie contre la Galicien Ce n'était que de vagues rumeurs, mais dans ces nouvelles il y avait un fond de vérité. A Paris on était prêt à tout et on n'oubliait pas que dans les armées prussiennes il y avait des soldats et des officiers polonais, et qu'on pouvait s'en servir dans la prochaine guerre. Le maréchal Berthier annonce à l'Empereur que la quantité des déserteurs est si considérable, que l'on peut en former plusieurs légions. Le !20 septembre, Napoléon fait appeler Zayonchek et lui ordonne de former une légion du Nord à Juliers. Le chef de la légion reçoit l'ordre d'envoyer des officiers aux avants-postes de l'armée française pour recueillir
i. Moniteur, 1806, 11, n^' 22o.