Annexes n'^ 15; Barante, L- 203; Rose II, 111 n
avant d'adhérer à l'insurrection ^ C'étaient, en général, des gens qui se rendaient compte de la marche des affaires politiques et savaient apprécier la valeur des événements. Ils étaient également les plus éloignés du théâtre d'action et avaient eu le temps de voir l'effet de l'insurrection dans les provinces occidentales et de méditer longuement sur la politique de Napoléon.
Aussi se servent-ils de leur influence pour calmer l'effervescence des esprits qui est générale à Varsovie. « L'incertitude de l'avenir les effraye, et ils laissent assez entendre qu'ils ne se déclareront ouvertement que lorsqu'en déclarant leur indépendance on aura contracté l'engagement tacite de la garantie "^ » Napoléon écrivait à Murât: « Les Polonais qui, montrent tant de circonspection, demandent des garanties avant de se déclarer, sont des égoïstes que l'amour de la patrie n'enflamme pas. Je suis vieux dans la connaissance des hommes. Ma grandeur n'est pas fondée sur le secours de quelques milliers de Polonais. C'est à eux à profiter avec enthousiasme de la circonstance actuelle; ce n'est pas à moi à faire le premier pas. Qu'ils montrent une ferme résolution de se rendre indépendants, qu'ils s'engagent à soutenir le roi qui leur serait donné, et aloi^s je verrai ce que j'aurai à faire. » Il ne promet rien, il est mécontent et gronde qu'on ose <( calculer arithmétiquement le rétablissement de la Pologne^ ». Ce n'est pas l'enthousiasme de la masse, sur lequel il est renseigné, qu'il veut avoir, il veut voir les magnats, eux-mêmes, dévoués à sa cause. « Je ne veux pas », disait-il à Wybicki, à Posen « que ce soit seulement la foule de votre paysannerie, mais que toute votre nation, vos magnats prennent les armes ^ ». C'était toujours le même point de vue.
Il réprouve la conduite des seigneurs polonais et ne veut pas se prononcer tandis qu'ils attendent à leur tour de lui une déclaration plus nette. Instruits par l'expépience des
l.Dombowski, I, 280, 365.