‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 52 sur 182 · Wybicki · texte numérisé non relu

Wybicki

LA POLOtiXE ET LES DÉBUTS DE LA RÉVOLUTION. 55

derniers temps, ils disent : « Oui, nous sommes et nous serons toujours Polonais de cœur, le grand Napoléon n'a qu'à dire un mot: u je déclare l'indépendance de la Pologne, un tel en sera le roi, » alors plus de doute sur notre sort. Dès que l'Empereur aura parlé, nos destins seront fixés et notre indépendance est assurée. Mais pourquoi avant de connaître ses intentions et sur des proclamations de quelques militaires réfugiés en France, ^wi n'ont rien à peindre, nous insurgerions-nous et hasarderions-nous ainsi notre existence, la fortune de nos enfants? On nous dit de former des bataillons, mais on ne nous désigne point de chefs. Faut-il de l'argent? Nous sommes prêts à donner tout ce que nous possédons, mais encore un coup que l'on nous donne un roi et notre dernière constitution^. » Les seigneurs polonais se disent prêts aux sacrifices, mais ils veulent surtout et avant tout que Napoléon s'engage positivement, ne serait-ce que tacitement, à rétablir la Pologne; c'est ce qu'il ne voulait pas faire et ne fera jamais.

L'irrésolution de l'aristocratie polonaise était d'autant plus compréhensible que ce quelle pouvait obtenir était problématique, tandis qu'en revanche elle risquait de perdre tout ce qu'elle possédait. C'est à cause de ses possessions qu'elle se sentait liée aux souverains qui régnaient sur les trois tronçons de l'ancienne Pologne, qu'elle était partagée en plusieurs partis politiques, pour qui le salut résidait dans la parfaite subordination à ces souverains et dans l'espoir de conquérir ainsi une certaine autonomie pour la nation.

Il y avait donc un parti prussien qui, si petit qu'il fût, avait son programme. Bien que dépourvu de toute influence et réduit bientôt, à proprement parler, à la personne du prince Antoine Radziwill. marié avec la tante du roi de Prusse, il ne cessa

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