‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 61 sur 182 · Lettow-Vorbeck · texte numérisé non relu

Lettow-Vorbeck

4 Bailleu, Preussen u. FrankreicJt II, 581-3 n° 441. 5. Lehmann, Sfein, II, 116.

nouvel allié chez ses sujets, oblige de nouveau Napoléon à user de son influence sur l'opinion publique française. Outre Cambacérès et Fouché, ce sont les journaux et les brochures qui doivent lui servir pour atteindre ce but: « La Pologne* tout entière prend les armes. Il est difficile de se faire une idée du mouvement de ce pays. Les Polonais lèvent des régiments à force. Les plus chauds sont les plus riches. Prêtres, nobles, paysans, tous sont unanimes. La Pologne aura bientôt 60 000 hommes sous les armes. Les grands nobles du pays sont tous des gens de 100 à 500 000 francs de rentes'. » Ce n'est pas seulement la sympathie qu'il voulait éveiller par des phrases pareilles : « Nos soldats trouvent que les solitudes de la Pologne contrastent avec les campagnes riantes de leur patrie, mais ils ajoutent aussitôt : ce sont de bonnes gens que les Polonais. Ce peuple se montre vraiment sous des couleurs intéressantes, (36» bulletin) ». Il essayait ainsi de renchérir sur toutes les autres nouvelles qui pouvaient arriver à Paris, il voulait en imposer par la grandeur et l'élan de la révolution polonaise. C'est de nouveau à d'Hauterive qu'il allait avoir recours, - à Fievée, directeur du Journal de l'Empire, qui devait exciter la curiosité des honnêtes gens ^ et à tant d'autres.

La démarche de Napoléon auprès de la cour d'Autriche est beaucoup plus instructive encore pour comprendre ses idées d'alors. Le ton est plein de circonspection, de restrictions et de sous-entendus. La démarche ne doit avoir aucune apparence d'ouverture, il s'agit au contraire d'en provoquer de la part de l'Autriche ou de connaître au moins le fond de sa pensée. Elle doit être absolument confidentielle, être faite avec tous les ménagements et modifications possibles pour ne soulever aucun soupçon. C'est dans ce sens-là que Talleyrand écrivait à Andréossy le 28 novembre 1806, en lui proposant de s'aboucher avec le ministre de Stadion sur la question d'un échange de la Galicie avec la Silésie*. Le 1*"'" décembre, Napo-

1. Con-resp. de Nap. XIII, 713, n° 11.318; XIV, 2, n^ 11 333.

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