‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 63 sur 182 · Béer, 267; Lefebvre III · texte numérisé non relu

Béer, 267; Lefebvre III

éclipsé peut reprendre encore son éclat ^j). Cet éclat, il ne dit pas qu'elle va le reprendre, mais qu'elle peut le reprendre. Cette restriction pouvait rester inaperçue de ceux à qui il s'adressait, elle était Texacte expression de sa pensée.

Napoléon entreprenait donc sa campagne d'hiver sans l'intention formelle de rétablir la Pologne et sans croire beaucoup à la possibilité de cette restauration. Il ne voulait pas, il ne pouvait pas déposer les armes avant que « la paix générale » ait H affermi et assuré la puissance de nos alliés » et « restitué à notre commerce sa liberté et ses colonies ». Pour les Polonais, il n'avait qu'une phrase. ^< Le brave et infortuné Polonais, en vous voyant croit voir les légions de Sobieski de retour de leur mémorable expédition-. » C'était tout. C'est ainsi qu'il commençait une guerre au sein de leur pays.

La Pologne reste donc un appui dans ses combinaisons, et un moyen. Il faut la gagner à sa cause et, pour l'avoir, il lui suftit de monter les esprits des Polonais, d'exciter leur enthousiasme et de les abandonner à leurs illusions. C'est ce qu'il fait avec son adresse habituelle. Napoléon, qu'on « supposait dénué de tout sentiment bienveillant et accessible seulement à ce qui pouvait servir ses vues ambitieuses » n'en avait pas moins réussi à persuader aux Polonais « qu'il les aimait, qu'il voulait leur bien, qu'il ne voyait qu'en eux ses vrais amis^ )> Il savait ménager leurs sentiments et leurs préjugés i après la prise de Czenstochowa, par ex. , le trésor de ce monastère ayant été mis sous séquestre l'Empereur ordonna qu'il fût rendu * .

11 ordonnait de tenir partout le même langage : « Je ne proclamerai l'indépendance de la Pologne que lorsque je reconnaîtrai qu'ils la veulent véritablement soutenir, et je verrai qu'ils la veulent ef peuvent soutenir, quand je verrai trente à quarante mille hommes sous les armes organisés et la noblesse à cheval prête à payer de sa personne '^ ». Davout et Murât, Dombrowski et AVybicki le répètent partout, et ces phrases

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