Bernhardi, II
à celui-ci, le 13 février, de laisser « entrevoir que, quant à la Pologne, depuis que rF.mpereur la connaît, il n'y attache plus aucun prix^ ». Bertrand. s'en tenait étroitement à ces instructions, dans ces ouvertures faites au Roi le 16 lévrier. « L'Empereur avait voulu » disait-il d'après un résumé, fait pour être envoyé à Alexandre « connaître de près la Pologne, et il était convaincu, maintenant, que ce pays ne devait point obtenir une existence indépendante; qu'il mettrait à gloire à faire rentrer le Roi dans ses États et dans ses droits, et qu'il voulait seul en mériter la reconnaissance sans Pintervention de qui que ce soit- ».
Nous n'avons aucune raison de supposer, comme on l'a fait récemment ^ que Napoléon voulait mettre sur la tête du roi Frédéric-Guillaume la couronne de Pologne, et qu'il allait renouveler son plan de Berlin. 11 abandonnait purement et simplement les Polonais à leur sort. Ce qu'on peut supposer, cependant, c'est qu'il aurait demandé pour eux une posilion nouvelle plus ou moins conforme à leur organisation actuelle.
Quant au Gouvernement polonais, Napoléon ne changeait pas de langa:^e à son égard. La prévoyance lui ordonnait d'être prêt à tout événement, surtout en présence des bruits qui commençaient à circuler en Pologne.
A Posen, le général Liébert était obligé de publier, le 9 février, une proclamation contre les gens mal intentionnés qui « ont osé de se permeltre de répandre les bruits les plus absurdes et les plus mensongers sur la Grande Armée », et il menaçait de les incarcérer, « jusqu'à ce que S. M. ait statué sur leur sort* ». La police, à Varsovie, rapportait le 2'2 mars que « le bruit d'une paix prochaine, ou du moins d'une trêve qui la précède, s'est généralement et positivement répandu. On le motive sur la nouvelle de l'arrivée d'un parlementaire russe au quartier général et de deux voyages que le général Bertrand, aide de camp de S. M., doit avoir faits à Memel.