Ranke. IV
En même temps Bennigsen concevait un plan beaucoup plus hardi qui pouvait avoir de très graves conséquences. Il voulait proclamer Alexandre roi de Pologne à Bartenstein même, ce qui aurait pu occasionner un nouveau bouleversement dans ce pays ^
L'Autriche fut longue à se décider : sa position étant toujours peu claire. Enfin, sous la pression des parties belligérantes, elle proposa (en avril son entremise pour conclure la paix. Les négociations devaient être commencées sur les bases suivantes : un nouvel arrangement de l'Allemagne et de l'Italie, la conservation du statu qiio antérieur en Turquie et en Pologne et l'admission de l'Angleterre comme participant aux négociations-. Ces bases étaient absolument celles de la coalition contre Napoléon, celles de la convention de Bartenstein, communiquée à l'Autriche en mai. Napoléon avait accepté la proposition de l'Autriche, mais avec des restrictions qui pouvaient anéantir tout le projet ^ Il l'avait acceptée uniquement pour entraver l'action de son gênant voisin. La Russie et la Prusse l'ayant rejetée, il n'en fût plus question \
L'Empereur surveillait ses ennemis. Il devait introduire dans les rangs de son armée une nouvelle discipline. A la suite du manque des vivres la désertion faisait de grands progrès^ . La désorganisation était augmentée par les assassinats ^< organisés dans ces contrées contre l'armée française '' ». Il fallait compléter les cadres. On faisait donc venir des armées de Hollande, d'Italie et d'Espagne, mais avant tout il fallait assurer le ravitaillement.