Sbornik, t. 88, p. 40, n° 12: 30-31, n
b. Corresp. de Davout,!, 443, ii''320; Szymanowski, 13, lo.
C'était le point de départ d'une nouvelle attitude de l'Empereur envers la Pologne. Nous l'avons vu deux fois déjà décidé à rendre au roi de Prusse son royaume, contrairement aux engagements que les Polonais croyait avoir été contractés et à leurs espérances. En ce qui concernait l'Empereur, il se croyait libre de toutes obligations, la Pologne étant toujours pour lui un moyen, rien de plus. Il le disait très clairement à Talleyrand : « Aimer, je ne sais trop ce que cela veut dire en politique ^ ». En politicien, en homme pratique, libre de toute doctrine, « sans boussole » ni base stable, toujours tendant vers un seul but qui s'appelait une paix avantageuse pour Napoléon et la France, il n'admettait rien qui pût l'empêcher d'arriver à ce but. Le 18 mai il dicte des notes sur un projet d'exposé de la situation de l'Empire. Il recherche la paix, il ordonne donc de «ne pas parler de l'indépendance de la Pologne et (de) supprime)^ tout ce qui tend à en montrer l'Empereur comme le libérateur, attendu qiiil ne s'est jamais expliqué à cesujet^ ».
La situation cependant était telle que la Pologne restait son principal appui. « Aujourd'hui le sort de l'Europe et les plus r/rands calculs (sans les nommer), » disait-il, c( dépendent des subsistances. Battre les Russes, si j'ai du pain, c'est un enfantillage ^ ». Il écrivait ailleurs à Talleyrand : « Voyez, je vous prie, le Gouvernement. Faiteslui comprendre que la question aujourd'hui est moins une question militaire qu'une question de vivres, et qu'il faut qu'il use de tous ses moyens et qu'il excite le zèle et le patriotisme ^ ». Il fallait donc tenir aux Polonais le même langage qu'auparavant. « Traitez bien les principaux Polonais qui