Corresp. de Xap., XIV, 532, n
nous ont montré du dévouement... » écrivait-il à Gouvion : (( veillez expressément à ce qu'il ne soit fait aucune espèce de gaspillage ni de mauvais procédés aux Polonais... Songez que Varsovie est un paijs de 7'essources K )> l\ ordonne aussi de ménager les membres du Gouvernement, car il est persuadé M qu'ils rendent autant de services que les circonstances peuvent le permettre » ; en cas de difficultés, il veut que l'on s'entende ^ Il envoie enfin le prince Sapiéha avec mission de rassurer tous ceux qui en ont besoin. Le langage qu'il va tenir au Gouvernement sera conforme à ce que l'Empereur a dit à Talleyrand, « c'est-à-dire que le sort de la Pologne dépend des événements: et les 80.000 hommes de plus que me donne mon message sont de nouvelles probabilités pour la Pologne et me donnent de nouveaux moyens ^ ». Napoléon rassure et ne s'engage pas, il ne veut qu'obtenir des nouvelles ressources du pays.
On se croirait pour un peu au lendemain d'Iéna, au début de""' l'année 1807. En vérité l'état des choses est tout différent de part et d'autre. Napoléon s'est convaincu que ce n'est pas un enfantillage de détruire les forces des Russes; il s'en est convaincu après un effort coûteux. Son armée n'avait plus l'élan qu'elle avait à Austerlitz ou à léna. Il se trouve, en outre, dans un pays absolument épuisé.
La Pologne a changé, elle aussi. Le premier enthousiasme passé ne peut plus revenir. Le pays est ruiné, mais une vie normale commence à se développer. C'est déjà un État constitué. La Commission de Gouvernement n'est plus un germe d'autorité suprême, mais bien un pouvoir réellement existant. On a beau appeler ses membres « les sept frères dormants*, » en vérité ils sont bien les « sept-arches )i, ilsreprésentent le pouvoir, le gouvernement effectif d'un État réel. A force d'agir, de remplir ses devoirs, ce gouvernement provisoire a fini par remplir les fonctions d'un gouvernement stable. Puis il se compose de gens qui ont passé leur vie dans