‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 87 sur 182 · Gagern, Y, 2, p. 2't · texte numérisé non relu

Gagern, Y, 2, p. 2't

IIandelsman.

Le -20 avril, Talleyrand écrivait à Clarke : « Rien ne compense notre séjour dans ce pays, où il neige, où il pleut, où l'on s'ennuie et toute la Pologne ne vaut pas une seule goutte de tout le sang que nous versons pour elle *. »

Par suite de ses idées sur la guerre qu'il jugeait superflue, il allait souvent jusqu'à l'impolitesse envers les Polonais. Cependant sous l'influence des démonstrations d'une parfaite urbanité de la part de ces derniers, de leur amabilité et aussi de ses relations avec M""^ Tyszkiewicz et son frère le prince Poniatowski, représentant de la «Blacke» (Blacha, le palais), où d'après l'expression de Talleyrand se réunissait « tout ce qui est bonté, prévenance, noblesse, délicatesse » qui ne « s'oublie jamais » et ne se retrouve nulle part-, il modifia sa façon d'envisager les choses. Il changea d'avis en ce qui concernait les Polonais : en quittant Varsovie après avoir assisté à la cérémonie de la bénédiction des drapeaux (le 3 mai), il écrivait à Napoléon : « Je laisse Varsovie fort confiant et fort tranquille ^ »

Ses dispositions à l'égard de la question polonaise n'avaient cependant pas changé ^ Savary rapporte dans ses mémoires une conversation bien remarquable à ce sujet. Il avait reçu (avant Tilsit) Tordre de préparer le matériel du pont de manière à pouvoir l'expédier au premier signal. Talleyrand ayant appris ce fait lui dit un jour : « Ne vous pressez pas. A quoi bon pousser au-delà du Niémen? Qu'aller chercher derrière ce fleuve ? Il faut que l'Empereur abandonne ses idées sur la Pologne; cette nation n'est propre à rien, on ne peut organiser que le désordre avec elle". » Il est à peu près certain que même s'il n'a pas prononcé des paroles semblables, il a eu sûrement de pareilles idées. Au fond il n'admettait pas l'existence de la Pologne, ce n'était pour lui qu'une province conquise par la France. <( Tant qu'un pays est sous la conquête, » écrivait-il à Gouvion le 3 mars « il n'y existe

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