‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 88 sur 182 · Rovigo · texte numérisé non relu

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pour les autres nations d'autre autorité que celle du vainqueur. » Il excusait ainsi les Autrichiens qui ne voulaient pas reconnaître le Gouvernement provisoire ^

Il y avait cependant un moyen pour le faire fléchir dans sa résolution. Talleyrand profitait souvent de sa position «. pour augmenter sa fortune par des procédés parfois peu délicats. » Or il semble qu'une somme de plusieurs millions de florins lui fût offerte pour obtenir son suffrage en faveur du rétablissement de la Pologne, puis restituée après être restée déposée pendant plusieurs jours entre les mains du baron Dalberg. On doit attribuer l'initiative de cette proposition à Batowski, intimement lié avec le prince de Bénévent, qui n'aurait pas songé à pareille chose sans y avoir été autorisé par le Ministre. L'affaire échoua. Le Comte de Senfft explique ce résultat par la fidélité absolue de Talleyrand au principe du repos de l'Europe^; Dembowski pense que les membres du Gouvernement, qui ne croyaient pas à une telle vénalité, n'essayèrent même pas de lui offrir la somme demandée ^ Il est probable que si l'affaire échoua, c'est parce que Talleyrand ne voyait pas la possibilité de réussir dans cette voie, qu'il savait Napoléon irrésolu et les circonstances trop difficiles.

L'organisation des relations entre le Gouvernement polonais et l'Empereur ne s'était pas modifiée. Napoléon décidait seul de toutes les affaires, même de moindre importance. Talleyrand n'était que son instrument. Il ne pouvait agir sur l'Empereur qu'indirectement, mais il jouissait en revanche d'une entière liberté dans ses démarches à Varsovie.

Napoléon ne se mêlait plus des affaires intérieures de l'Etat polonais et laissait le soin de s'en occuper à l'administration

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