‹ Napoléon et la Pologne, 1806-1807Chapitre 95 sur 182 · Corresp. de Nap.,\\l, 131, n' 13.28:j · texte numérisé non relu

Corresp. de Nap.,\\l, 131, n' 13.28:j

général Zayonchek à Napoléon le 20 avril « qu'il se forme un parti russe à Varsovie. M. Stanislas Potocki, le môme chez lequel S. A. le grand-duc de Berg a été logé, est soupçonné d'en être. Un nommé Mieczkoski prêche publiquement de tenir à la Russie. Les menées de cet homme sont, dit-on, connues et cependant on le souffre dans Varsovie ^ ». C'est donc dans ce sens que Neyman adressa à Talleyrand, au nom de son parti, un mémoire composé de 21 articles, dans lequel il demandait des réformes immédiates. « Tout cela est de la grande Révolution», disait le ministre; au fond il n'y avait de commun avec la Révolution que le ton et la haine contre les grands. On demandait en somme l'appel de Kosciuszko, l'organisation des forces militaires sur une nouvelle base, l'admission d'un nombre plus considérable de gens de 179i, de radicaux aux places publiques, l'expulsion des Prussiens, enfin la création du papier monnaie, mesures en partie indépendantes du gouvernement, en partie réalisées par lui-.

Contrairement aux radicaux, les modérés n'avaient pas un programme si bien défini. C'étaient des gens riches, occupant des postes importants et groupés autour de la Commission. Tous voulaient la restauration de leur patrie, mais tout en prenant parti pour Napoléon, ils se défiaient de lui, comme le fait remarquer Gagern. Ils comptaient plutôt sur « la nécessité que sur la pureté et l'honnêteté » des intentions de l'Empereur. Ils étaient tous d'accord sur un point : c'était au sujet du renouvellement de la Constitution du 3 mai qui constituait leur paladium. Les uns, comme Malachowski, tenaient à la maintenir intégralement, en y voyant la seule forme du gouvernement convenable à la Pologne, les autres,, peut-être sous l'influence de Staszic, croyaient des amendements possibles et même indispensables ^ En ce qui concernait les paysans, ils étaient également d'accord sur la nécessité d'introduire certains changements. La Commission, en prenant diverses mesures, veillait à ce que ces derniers ne soient pas surchargés; on les appelait « possesseurs » et non pas.

Page 1