‹ Napoléon et la Suisse 1803-1815, d'après les documents inédits des Affaires ÉtrangèresChapitre 10 sur 27 · NAP0L1':0N ET LA SUISSE · texte numérisé non relu

NAP0L1':0N ET LA SUISSE

évacué la Suisse, c'est par ma simple bonne volonté. Faites que je n'aie pas à me repentir de ce que j'ai fait pour les patriciens suisses. Ayez une armée qui inspire de la confiance aux Suisses et à leurs anciens et vrais amis au nombre desquels je crois avoir le droit de tenir le premier rang. — Napoléon. » (De Strasbourg, 29 septembre.)

Watteville répondit à la confiance de la Diète et même à celle de Napoléon. Il établit son quartier général à Zurich et plaça des troupes sur la frontière du Tyrol et sur la ligne de Constance à Bâle. Il n'en mit pas du côté du Jura, de telle sorte que la neutralité n'était défendue que contre l'Autriche. Près de 10 000 hommes manœuvrèrent avec beaucoup de précision, tandis que d'autres troupes étaient en réserve dans les cantons et prêtes à marcher. Mais ces précautions militaires furent rendues inutiles par les victoires impériales. Aussi, deux jours après Austerlitz, dès le 4 décembre, Watteville licenciait sa petite armée avec des éloges pour son activité et sa discipline.

Le traité de Presbourg força l'Autriche à reconnaître l'indépendance de la Suisse et le changement consacré par l'Acte de 1803.

Le l^r janvier 1806, le canton de Bâle remplaça celui de Soleure et le landammann Glutz transmit ses pouvoirs au bourgmestre de Bâle, André Mérian. Cette année, qui laissa le pays à sa paix habituelle,

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fut cependant traversée d'inquiétudes particulières qui persistèrent l'année suivante, comme ces vagues légères qui plissent encore la surface d'un lac tranquille lors(ju'a cessé le vent qui les avait soulevées.

Il faut en parler, une fois poiii' toutes.

Ces inquiétudes venaient des agrandissements de Napoléon.

En 1805, lorsque la République ('isalpine avait fait place au royaume d'Italie, la Confédération s'était émue. Etait-elle destinée au même sort? Allait-(^11(', en dépit de ses montagnes, de ses mœurs inçlépendantes, de son histoire, se perdre au sein du vaste Empire? Il n'en lut rien (1).

En 1806, la République Ratave disparut à son tour. Ell(» forma nu royaume de Hollande, donné à Louis Ronaparte qui ne fut, sur son trône éphémère de quatre ans, qu'un préfet impérial.

Puis la j)rinci|)auté de Neufchâtel tomba enire des nuiins françaises.

SépaFMM» (!(» la Confédération en IT'JS, ellt» était restée à la Prusse. Après l'avoir obtenui'. dans le courant de février 180(), i\a[)oleon la lit occuper, le mois suivant, par le général Oudinol.

Il mandait à Oudinot, le 9 mars:

« Vous vous ren(h'(V. h Neufchâtel et vous prendrez possession m mon nom de cette souveraineté.

(I) l)t'j.i. *Mi 180'». une j)»Hllion d«' Joniiiu. tlu «uKuu'i l)i)l»l«'r. «lu j;t'n<ral Won tlt-r W'i'id. t*l df <|ui'lt|iu's autn-s. dt'iiiimilaiit la n'iiiiioii do la Siiissr k l'Minpiro aurait ^iiS n»nii»« s"! Noy, qui ne «rut pas «ii'voir la transnioUrr. I)'a|>r»\s Da^^iud. (]iii aurait puisr r»> rt'nsoi- ^î^uMnrt^t dans d««s rorn'SpDiwIan'i'S parti; ulirn's. T. II. Mai.»» je n'ai Ph-ll IfiMiVt' di- srinlilaldi- iiilMi> pari.

Vous ordonnerez que toutes les contributions se lèvent comme à l'ordinaire. Vous aurez soin de ne rien changer aux douanes qui séparent Neufchâtel de la France. Vous confirmerez les autorités.

« Vous ferez confisquer toutes les marchandises anglaises qui se trouvent dans le pays. Il y a plusieurs négociants qui en ont fait venir une grande quantité de Bâle, dans le dessein de les répandre en France, espérant que les barrières de douane se lèveraient. Vous aurez soin de faire maintenir une bonne discipline.

« Vous aurez un bon langage pour la Prusse. Vous ferez publier et afficher la proclamation suivante : « Au nom de Sa Majesté l'Empereur et Roi, mon « souverain, je viens prendre possession de la prin- « cipauté de Neufchâtel que le roi de Prusse lui a « cédée. Les troupes sous mes ordres maintiendront « une sévère discipline. En retour, elles seront (( accueillies des habitants avec les sentiments qu'ils « leur doivent. »

« Vous ne dérangerez du reste rien à l'administration jusqu'à ce que je vous aie fait passer de nouveaux ordres. — Napoléon (1). »

Trois semaines après, il faisait cadeau de la principauté au maréchal Berthier.

Il lui écrivit, le 1-^ avril, le jour même où paraissait le décret impérial :

« Je vous envoie le Moniteur, vous y verrez ce que j'ai fait pour vous. Je n'y mets qu'une condition,

(1) Correspondance, t. XIL p. 209.

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c'est que vous vous mariiez et c'est une condition que je mets à mon amitié. Votre passion a duré trop longtemps. Elle est devenue ridicule. Vous avez cinquante ans, mais vous êtes d'une race où Ton vit quatre-vingts ans, et ces trente années sont celles où les douceurs du mariage sont le plus nécessaires. Etc. »

Avec ce terrible homme, si bourgeoisement sentimental à ses heures, comme on voit, on ne pouvait ni rire ni se fâcher. Il fallait obéir, simplement. Berthier accepta la principauté et prit une femme dans la maison royale de Bavière (1).

M. de Chambrier, ministre de Prusse auprès de la Confédération, fit remise de la principauté le 16 mai suivant. Berthier n'y parut jamais. Il se contenta d'en toucher les revenus et d'y lever un bataillon. Tl l.i fit administrer par une manière d'intendant, le baron de Lesperut, qui tint l'fMuploi jusqu'à la fin do 1813.

Ce qui se passait de l'autre côté du Uhin ét;\it encore plus extraordinaire. Napoléon y faisait, à son gré, des promotions de rois, de grands-ducs, de princes nouveaux et, sur les débris de la vi(>ill(^ Allemagne, d'où l'Autiiclic l'I-iil exclut', il fontlail la Confédération d\i lUiin, dnnl il se déelarail le protecteur (juillet 1801)).

(1) Il ôpoiisa. l'ii ISOS, !\ Paris, Mario-Rlisabi'th-Anu'Iir-Françoise lit; MaviiVi'. lUIc (tu din* (liiillaumo, fnVt» du roi. Il avait alors cinqnaiilt'-niialro uns, sa foiiuin' viiif;t(|ualri'.

Il ru* riMioiira pas pour ««'la à s.i « passion •. t|ui <lait la bollo Mino Visconli, avoc laquollo il vivait. Co fut un nuiiajî»' à tn>is. Mais Berthier u'atlrij^nil pa.s los qiintrr-vin^fts ans «juo lui pmnM'ltait Napolron. 11 Miuurut à Itainher^', en juin 1S15.

Devant ces remaniements de territoires, les petits Etats étaient en émoi. Ils supputaient l'appétit impérial. Ils se croyaient à la veille d'être dévorés. Do là, les bruits nés de la crainte et aussi de la malveillance. Car l'Autriche excellait à répandre les nouvelles alarmantes, de fabrique anglaise, quand elles ne sortaient pas de Genève où l'on ne nous aimait pas (1).

C'est ainsi que le bruit courut, en 1806, en 1807 et jusqu'en 1808, d'une transformation possible de la Suisse. On en aurait fait un stathoudérat, au profit soit de Berthier, soit du prince Charles, héritier du grand-duché de Bade.

Pourquoi Berthier? Parce qu'il était prince de Neufchâtel.

Que Berthier se flattât de voir agrandir sa principauté, rien d'impossible. Sans y avoir mis les pieds, il s'y trouvait à l'étroit. Tous ces maréchaux d'Empire « passés » princes en étaient là. Comme celle du maître, leur ambition n'était jamais satisfaite, Or, Berthier, paraît-il, se complaisait à des rêves de grandeur.

Nous en avons la preuve, incidemment, dans les Soui^enirs d'un officier suisse à notre service, le colonel Sprûnglin, de Berne, qui était capitaine sous les murs de Dantzig, où il vit Berthier (1807). Le passage est curieux :

« J'eus à Dantzig une audience du prince de Neufchâtel qui me donna des inquiétudes sérieuses

(1) Vial constate plusieurs fois que les bruits d'annexion, de remaniements, etc., viennent de Genève.

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sur le sort futur do la Suisse. Le prince m'ofîrit d'aLord d'entrer dans le bataillon neufchâtelois qu'il levait. Je refusai franchement, me fondant sur le peu de chances d'avancement que présentait ce service. Sur quoi, le prince se mit à parler de sa principauté, de la Suisse, et me laissa concevoir qu'il pourrait exister des éventualités pour l'agrandissement de Neufchâtel. Je crus entrevoir qu'il existait un plan de partage de la Suisse, au profit de la Franco, du grand-duc de Bade et du prince de Neufchâtel. Il parait que l'Empereur ne goûta pas ce beau projet, mais je suis sûr qu'il a existé (1). »

C'est sans doute pour consoler Berthier de son rêve écroulé que Napoléon le nomma colonel-général des Suisses en 1809.

Pourquoi le prince héritier de Bade, Charles- Louis-Frédéric? Parce qu'il venait d'épouser une nièce de Joséphine, Stéplianie de Beauharnais.

Napoléon s'était pris d'affection pour cette jeune parente, aimable et spii'ituelle. Il l'avait fait reconnaitie j)ar \v Sénat comme « tille adoptive », avec toutes les préi'ogatives attachées à son rang, et le prince Charles, lui-mrMue, avait gagné à ce nuu'iage la sympathie de Napoléon. Ci'lui-ci écrivait à la duchesse; mère :

« J'ai iiiiin' le piiiicc Charles l()rs(|u\iU('iiii lieu

( I ) Snmrmrs d' lim iii.iihu'I- l'r» <!• rir ^riir n«;i in, |'. --' l'iiMi'^ |Mr (l. |)KSI)KVISKS UV I>i£/.KICT, l'-M»',. in-H". | haijs la Itnur Al.>7>/I/i ttyur.

.S|irùii^(lin, II'" »'n lll'-h mort ••» iSi'i. .iv.ul surtout sorvi vn Espa^^iu». Ses siuivt'uirs sont |»loiu.s il'iatrnt pour iiu6 canipagnos J.uiH l.( P*iiiiisiiK<. Il i-tuit instruit v\ sva inforinations sont cxacti*:^

ne m'attachait à lui. Aujourd'hui qu'il épouse ma fille, il trouvera en moi une tendresse qui ne cédera qu'à celle que vous lui portez. » (21 février.)

Mais cette « tendresse » que le jeune prince mérita d'ailleurs par le fidèle attachement qu'il porta jusqu'au bout à l'Empereur, Napoléon ne l'aurait pas poussée jusqu'à céder à Bade une partie de la Suisse (1).

C'est aux mêmes vues qu'il faut attribuer un projet, moins que cela une esquisse de projet, d'ailleurs anonyme, et qu'on trouve dans la correspondance avec Vial, sous ce titre : « Quelles seraient les modifications sous lesquelles la dignité de Landammann héréditaire de la Suisse pourrait être donnée à la maison de Bade (2). «

Il ne s'agit pas de changer quoi que ce soit à la condition politique de la Suisse, telle que l'a instituée l'Acte de 1803, ni à son organisation intérieure, ni à sa neutralité. « Il ne doit être question que de rendre la liberté du chef de l'administration plus stable et de la porter dans les mains d'un prince dont les sentiments et les intérêts l'unissent, lui et ses successeurs, à la France. »

Il est certain que Napoléon ne devait pas, sans quelque humeur, se trouver chaque année en présence d'un nouveau Landammann. Ils n'étaient pas tous sur le modèle de l'habile et dévoué d'Afîry. En

(1) Oechsli, qui recueille et discute tous ces bruits, dit qu'on lui aurait donné Bâle et une partie du pays, mais que Talleyrand fit écarter ce projet comme dangereux. Ouvrage cité, pp. 518 et 519. (Badische Absichten auf die Schweiz.)

(2) A. E., t. 487. La pièce est anonyme et datée de « janvier 1808 ».

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outre, celte mutation régulière, assurée par le libre jeu des institutions, répugnait à son système de gouvernement fondé sur le despotisme et la stabilité.

Il avait été lui-même une sorte de Landammann sous le nom de Premier Consul. Mais son principal souci avait été de transformer son consulat décennal en consulat à vie, et une fois qu'il fut consul à vie, de se faire décerner un titre nouveau avec le privilège de l'hérédité.

On a donc pu, autour de lui, concevoir un autre système de gouvernement pour la Suisse. Mais croire que lui-même, qui connaissait le pays, ses mœurs et ses besoins, comme il venait de le prouver depuis plusieurs années, croire qu'il eût, d(^ gaîté de cœur, couru le risque de se l'aliéner, et pourquoi ? Pour lui imposer un landammann qui n'aurait été ni d'Affry, ni même Berthier, mais un étranger, comme le prince de Bade; croire cela, c'est de la pure extravagance.

C'est cependant ce que Ton affectait de r(Ml(>iit.M'. Jean de Muller écrivait à un ami :

« 11 m'est revenu de plusieurs côtés qno la Suisse va être assuj<»tti(^ au gouvernemtMit (rnii cluf piM*ptliicl (>t héi'éditairc. Si telh» e^t la volonté de Sa Majesté riMnperciii', fllf sera failc »

M.iis il moMli'.iit les (lillieultés d'iiur ])ar«Mllt' t'îitrrpi'ise et il ajoutait : « Les montagnards ne sont (|u'uno poigiKM^ (riioinmes, mais ils n«^ r.ilruliMit pas...

« Sous un roi, sous um» iornie monarchique, la

plus forte partie de la Suisse deviendra une Vendée jusqu'à ce que toute la nation soit extirpée. Avant cela, il y aura des Tell très certainement, m (19 décembre 1806.)

Cette belle indignation porte à faux, puisque nous ne trouvons rien de précis ni de fondé sur ces projets prétendus de Napoléon. Pour faire justice de pareils commérages, il faut s'en tenir, invariablement, à la conception de Napoléon sur la valeur stratégique de la Suisse. C'était le bastion des Alpes. L'intérêt de la défense le liait à nous^ suivant son expression. Il n'entendait ni le céder à personne, ni le partager.

Si ces inquiétudes étaient chimériques en 1806 et devaient le rester, en revanche cette année vit commencer les difficultés économiques auxquelles allaient s'ajouter les tracasseries du blocus continental.

Depuis l'échec des armements de Boulogne, et dans l'impuissance d'atteindre l'Angleterre chez elle, Napoléon lui faisait la guerre sur le continent. Il ne s'en prenait pas seulement à ses alliés, comme l'Autriche et la Russie, vaincues en 1805, comme Naples, enlevé aux Bourbons par un simple décret, comme la Prusse, dont les derniers mois de 1806 virent le rapide écrasement. Même avant le blocus, il traquait les produits manufacturés de l'Angleterre.

La Suisse faisait une active contrebande de marchandises anglaises. Elle en avait pris l'habitude pendant nos embarras de la Révolution. Ce fut un des griefs invoqués par le Directoire contre les

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Cantons et une des raisons qui [)()ussèront à l'annexion de Genève. Cette habitude persista après 1803. Elle reçut une sensible atteinte lors de l'annexion de Neufchâtel.

En apprenant que la Prusse renonçait à la principauté, des négociants de Bâle et de Zurich avaient acheté toutes les marchandises anglaises qui se trouvaient en Suisse et les avaient rassemblées à Ncufchfitel et au Locle, pour les faire entrer chez nous. Mais elles tombèrent presque aussitôt entre les mains de nos douaniers qui les confisquèrent et les détruisirent. Ce fut une perte de 5 à 6 millions qui ruina plusieurs maisons de commerce et fit beaucoup de bruit dans le pays.

Vial lui invité à présenter des réclamations au Landammann Mérian. Dans une circulaire adressée, dès le 26 avril, aux gouvernements cantonaux, Mérian appela leur attention sur le danger que présentait pour l(î commerce le trafic des marchandises anglaises, leur importation dans le pays vi la contrebande qui s'en faisait de Suisse en France. Les Cantons ()rirent, tour à tour, les mesures les plus propres à enij^ècher Tentréiî chez eux et la circulation des mairhandises prohibées et la Diète qui se réunit à Haie, le 2 juin, s'occupa prineipaleiiKMil (le celte (jiii'st ion.

Une coinmissi(tii, nuiimuM' le !> juin. lUt chargée (le l'i'vist r livs règlements cantonaux sur la malièœ et de proposer un décret général. Cette commission lit son l'appoil le 21 et soiinul à r.\ss«Mnblée un projt»t (le (It'erel en doii/e aitieles destiné à riMU-

placer les règlements provisoires émanés des gouvernements locaux et obligatoire pour tout le pays.

Il défendait l'entrée des produits manufacturés anglais et celle des toiles de coton et des mousselines fabriquées dans les possessions anglaises. Les cotons filés, nécessaires comme matière première aux fabriques du pays, étaient exceptés de cette prohibition. « Pour maintenir l'exécution de cette défense, disait l'article 2, chacun des Louables Cantons fera sur son territoire les dispositions les plus efficaces et veillera avec sévérité à ce que personne ne s'en écarte. » L'ensemble du projet fut adopté le 5 juillet (1).

La Diète s'occupa également des régiments « capitulaires )). Le premier n'était pas encore sur pied. Vial en pressait l'achèvement.

On y toucha enfin, et le régiment partit pour Naples, où Joseph Bonaparte avait été appelé à remplacer les Bourbons. Restaient les trois autres régiments. Il fallut faire comme pour le premier : insister auprès du Landammann, obtenir de lui des circulaires aux gouvernements cantonaux, promettre des primes, etc. Ce souci remplit la correspondance des derniers mois de l'année 1806.

Le l^'^ janvier 1807, le canton de Bâle céda la place au canton de Zurich et André Mérian à H ans de Reinhard, bourgmestre de Zurich. L'échange des pouvoirs eut lieu à Brugg (Argovie), où se rencontrèrent les deux Landammanns, avec le cérémonial

(1) Le décret est publié par notre Moniteur, dans le numéro du

19 juillet 1806.

accoutumé, et Reinhard revint à Zurich, dans le bruit des cloches et des salves d'artillerie.

Le nouveau Landammann était un administrateur habile, d'esprit souple et avisé.

Hans de Reinhard était né à Zurich, en 1755, d'une excellente famille de la bourgeoisie. Après avoir commencé ses études à Zurich, il les acheva en Allemagne, à l'université de Gœttingue et revint dans sa ville natale pour y exercer la profession d'avocat. Membre du Conseil cantonal en 1797 et chargé de différentes missions par le canton, député à la Consulte helvétique en 1802, bourgmestre en 1803, bourgmestre et Landammann en 1807, puis en 1813, par ses qualités administratives et la tournure de son esprit, il reste, avec le comte d'Affry «M plus que Rodolphe de Watteville, une des figures originales de cette période (1).

Vial se rendit, le 9 janvier, à Zurich, pour lui porter ses compliments et pour débattre avec lui quelques-uns des objets dv notre politique. Cette preinièn^ entrevue ne les laissa j)as entièrement d'accord, d'après cette lettre du général qui ne manque pas de saveur.

« ... Dans cette conversation, dans laquelle j'ai mis iiiliriimtMil de mo. lieux (c'est lui {\\n le dit), M. le Landammann a laissé apercevoir b«\uieoiq) de l'aideur et j)i'('sque nieme de Timpatience. Cela tient, je crois, autant à son caractère qu'à sa manière de voir. J'ai craint de heurter ce caractère peu

(1) Ufinliiril mourut cti IHIlf). sans pastériti^. Cf. CoNRAD DB Murait. H.tns y,,n Itnnhard. /urii h. 18:^9.

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