‹ Napoléon et LarreyChapitre 164 sur 319 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

I. Campagne d’Autriche. — Commémoratifs des opérations tactiques de Napoléon en Allemagne. — Larrey rejoint l’armée et la garde à Augsbourg. — Manifestation des officiers et des soldats. — Bataille d’Essling. — Lannes, Masséna et Larrey. — Les ambulances de Larrey à Essling. — La blessure de Lannes. — Consultation avec Yvan, Lanefranque et Paulet. — Amputation de la jambe de Lannes. — Entrevue du blessé et de l’Empereur. — Récits de Marbot et de Larrey. — Note de Larrey à Ribes pour le directeur des beaux-arls Denon. — Blessures des généraux Saint- Hilaire, Claparède et Mouton. — Les blessés dans l’île de Lobau. — Larrey se surpasse en activité et en dévouement. — Il fait abattre les chevaux du général Boudet et les siens pour faire du bouillon. — Évacuation des blessés sur Vienne et Ebersdorf. — Derniers moments et mort de Lannes.

— Embaumement, par Larrey et Cadet de Gassicourt, du corps du maréchal. — IL Préparatifs de l’armée en vue de la reprise des hostilités. — Passage du Danube. — Bataille de Wagram. — Les blessés de Wagram. — Blessures produites par l’artillerie comparativement à celles qui furent effectuées par le fusil.

— Différents et singuliers traumatismes produits par le boulet. — Un boulet dissimulé dans la cuisse. — L’ambulance de Larrey à Wagram. — Blessures de Corbineau, de Daumesnil, de Sainte -Croix, de d’Aboville. — Larrey opère ce dernier malgré son état désespéré. — Napoléon à la recherche des blessés. — Sa conversation avec Larrey. — Générosité de l’Empereur. — Guérison inespérée de d’Aboville. — Anecdote : les honoraires d’un millionnaire. — Anecdote : un client imprévu de Larrey ; un grenadier de la garde faisant la guerre avec un enfant sur les épaules. — Armistice de Znaïm. — Mécontentement de l’armée.

— Dotation et baronnie de Larrey. — Gratifications de l’Empereur aux blessés.

— Sa partialité vis-à-vis des chirurgiens. — Traité de Vienne. — Apogée de la puissance de Napoléon. — III. Retour de Larrey à Paris. — Son rapport officiel à Bessières sur les blessés de Wagram. — Larrey pendant les années 1810 et 1811. — Anecdotes : retard à une invitation à dîner aux Tuileries ; Larrey pris pour l’archevêque de Paris. — Est interrogé au bal masqué par Napoléon. — Encore d’Aboville. — Emilie Benoît et Napoléon. — L’Empereur pris à son propre piège. — Rédaction et publication des trois premiers volumes des Mémoires et campagnes.

Larrey arriva à Paris encore malade et fatigué, et dut prendre quelque repos avant de se remettre en campagne. Le départ de l’Empereur était imminent. Tout en désirant passionnément la paix qui lui était indispensable pour en finir

avec l’Espagne, il s’était, avec sa sagacité ordinaire, préparé à la guerre et avait employé ces derniers mois à organiser d’une façon redoutable son armée d’Allemagne. Elle se composait de cent quatre-vingt-dix mille hommes répartis entre Ulm, Augsbourg et Ratisbonne, auxquels venaient se joindre les contingents bavarois, saxons et les autres forces de la Confédération, soit cent dix à cent quinze mille hommes de plus. Elle était commandée, sous sa direction suprême, par Davout, Lannes et Masséna. Berthier en était le major général et Daru l’intendant général. Des Genettes dirigeait le service médical. Percy étant resté en Espagne, c’est à Heurteloup qu’avait été confiée la direction du service chirurgical de l’armée. Larrey était, comme à l’ordinaire, à la garde impériale.

Napoléon partit le 13 avril 1809 de Paris avec Joséphine, qu’il laissa à Strasbourg. Le 17, il se trouvait à Donauwerth , sur le théâtre même de la guerre, ayant voyagé avec une impatience fébrile et laissé derrière lui sa garde, sa maison militaire, son état-major et ses chevaux. De ce point central, il lança dans toutes les directions des officiers chargés de ses ordres pour la concentration des troupes. Il prescrivit à Davout de quitter Ratisbonne, à Masséna d’abandonner Augsbourg et de se rallier l’un et l’autre vers Neustadt.

Par cette belle opération tactique, — une des plus remarquables de sa carrière, — il réunissait en un seul groupe son armée, auparavant divisée en deux fractions isolées, tandis que l’archiduc Charles, qui commandait l’armée autrichienne, exécutait au contraire l’opération inverse, et divisait ses forces pour atteindre les deux maréchaux français qu’il croyait encore séparés. Conséquence : écrasement de l’armée autrichienne à Abensberg le 30 avril, et défaite de l’archiduc à Ratisbonne1 deux jours après. Le 11 mai, l’Empereur était sous les murs de Vienne.

1 C’est au siège de Ratisbonne que Napoléon reçut peut-être la seule blessure de sa vie. Une balle morte vint le frapper à la cheville du pied droit. L’accident était insignifiant et n’eut aucune suite. La plupart des auteurs de Mémoires disent qu’il fut immédiatement examiné et pansé par Larrey. Cela n’est pas exact. Le chirurgien en chef de la garde n’était pas arrivé. Ce fut Yvan qui le soigna et

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