‹ Napoléon et LarreyChapitre 18 sur 319 · REDDITION DE MALTE · texte numérisé non relu

REDDITION DE MALTE

Il établit une commission de gouvernement sous la présidence de Regnaud de Saint-Jean-d’Angély, dota l’ile du régime municipal, d’un tribunal, d’une école centrale, d’une école de chirurgie, dont il confia l’organisation à Larrey, d’une garde nationale et d’une police ; il fixa la garnison française à quatre mille hommes et en confia le commaniement au général Vaubois.

Le -Directoire, toujours avide et besoigneux, lui avait recommandé de dépouiller les vaincus. Le soin d’évaluer et d’enlever les richesses des chevaliers fut confié à Berthollet, qui remplit ainsi à Malte les mêmes fonctions qu’en Italie. L’illustre chimiste , qu’il eût été préférable pour sa gloire de laisser à ses occupations ordinaires, fit prendre dans les églises l’or ou les pierres précieuses qui décoraient les autels et les statues, et se fit remettre l’argenterie qui se trouvait dans les demeures des grands maîtres et des chevaliers.

Enfin, le 29 prairial (17 juin), la flotte reçut l’ordre de lever l’ancre. La route donnée était à l’est. Le départ s’effectua en deux jours. Larrey, qui avait à terminer l’organisation du service chirurgical des hôpitaux et de la garnison laissée à Malte, s’embarqua des derniers, avec Bonaparte et l’étatmajor, le 1er messidor (19 juin 1798), à trois heures du matin. On rejoignit l’armée dans la journée. Servie par un beau temps frais de nord-ouest, l’escadre se dirigea vers Candie, qu’elle reconnut le 7 messidor. Là, elle rencontra la frégate la Justice , qui revenait de Naples et qui apprit

français à suivre le corps expéditionnaire. Ils furent employés, soit dans l’armée, soit dans les services administratifs.

On relève parmi eux des noms appartenant à des familles qui occupent toujours un rang important dans la société française, et dont les membres servent encore dans l’armée actuelle.

Ce sont les chevaliers de Saint-Exupéry, de La Panouse, de Ranc-Vibrac, de Beauregard, de La Faye, de Sainte-Colombe, du Rouvre, Le Rebours, Le Bègue, de Guébriant, de Cheffontaine , de Bonvouloir, de Castillon-Saint-Victor, de Saint- Léger, d'Andigné, de Saint-Simon, de Bernis , de Saint- Chaînant, de Milleville, de Rouffignac , du Peyroux, de Bourbel, d'Aurey de Saint-Poix, de Janvre, de Concise, de Pierres, desEscotais, de Lescours, de Chanaleilles , de Moustiers, de Grosourdy, du Buat, Touzard et le commandeur de Lascaris.

EXPÉDITION D’ÉGYPTE

à Bonaparte l’apparition dans la Méditerranée de la flotte anglaise commandée par Nelson. Pensant que le but de la campagne était éventé et que les Anglais pourraient aller le chercher à Alexandrie, il ordonna de changer la route et, au lieu de faire voile vers Alexandrie, de se diriger vers le cap Durazzo, qui est à vingt-trois lieues sur la côte d’Afrique, au nord de cette ville.

Cet ordre sauva l’armée française, car le jour même, — 11 messidor, — où elle arriva à la hauteur de ce point, Nelson apparaissait devant Alexandrie h

Personne à Alexandrie n’avait entendu parler de l’expédition de Bonaparte. Nelson, convaincu qu’elle n’avait pas l’Égypte comme objectif, lui tourna le dos et partit à sa recherche à Alexandrette.

Pendant que l’escadre anglaise parcourait ainsi la Méditerranée à la poursuite de l’invisible flotte française, Bonaparte, de son quartier général, à bord de Y Orient, prenait ses dernières mesures. 11 disposait déjà de l’Égypte comme si sa conquête était accomplie. Par des arrêtés pris le 3, le 4 et le 11 messidor, signés Bonaparte, membre de l’Institut national, il fixa les formes de gouvernement à établir, organisa les ports et détermina la destination des bâtiments de transport et des équipages. Le 12, en vue des côtes d’Afrique, il adressa une proclamation à l’armée, une autre au peuple égyptien, dicta une lettre pour le pacha et prescrivit de sévères mesures de police vis-à-vis de l’armée. Enfin il réunit tous les chefs de service et leur donna ses dernières instructions 2.

Le 13 messidor (1er juillet), ja flotte était en vue d’Alexandrie. Sous le ciel, où flamboyait le soleil du matin, une côte basse, dénudée, sans arbre, sablonneuse à l’infini, d’où émergeaient quelques minarets. Telle fut la première vision

Toutes les relations historiques disent que l’escadre française arriva à Alexandrie le 13 messidor, deux jours après la llotte anglaise. Le fait est exact, mais elle se trouvait le 11 en vue de la côte d’Afrique 2 Mss. B. N.

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