‹ Napoléon et LarreyChapitre 3 sur 319 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

I. — Jeunesse de Larrey. — Son origine. — Ses premières études médicales à Toulouse. — Admission dans la marine et embai’quement sur la frégate la Vigilante. — Retour à Paris. — Part de Larrey et des étudiants du Collège de chirurgie à la prise de la Bastille. — Larrey à l’hôpital des Invalides. — Campagne du Palatinat : création des ambulances volantes. — Larrey à la bataille livrée par Beauharnais le 22 juin 1793, pour la délivrance de Mayence. — Mariage de Larrey avec Élisabeth Le Roulx de Laville. — L’ancien ministre Le Roux de Laville. — Les trois sœurs : Élisabeth, Émilie et Henriette. — L’Émilie du poète Demoustier. — Portrait de Larrey. — Larrey à l’armée de Corse et à l’armée de Catalogne. — Insurrection de prairial (20 mai 1795). — Larrey au Val-de-Grâce. IL — Campagne d’Italie. — Larrey au quartier général de Bonaparte à Monbello. — Le commandant de l’armée d’Italie et son entourage. — Accueil fait à Larrey. — Les ambulances volantes. — Inspection des ambulances par Bonaparte. — Éloges adressés à Larrey. — Récompenses à la fin de la campagne.

Larrey (Jean-Dominique) naquit en 1766 à Baudéan, village situé aux bords de l’Adour, dans le département des Hautes-Pyrénées. Le futur chirurgien de la Garde était d’origine bourgeoise et appartenait à cette vaillante petite classe de propriétaires terriens qui, par son énergie, son caractère, la simplicité de sa vie et l’honnêteté de ses mœurs, constituait avant la Révolution la grande réserve intellectuelle et libérale du pays. Un de ses oncles, Alexis Larrey, était alors professeur au collège de Chirurgie de Toulouse et chirurgien en chef de l’hôpital de Saint-Joseph de la Grave.

JEUNESSE DE LARREY

Il se chargea de l’éducation du jeune Larrey, qui avait alors douze ans.

Après avoir complété ses études classiques au collège de l’Esquille, celui-ci entra à l’école de chirurgie sous la direction de son oncle. 11 y resta sept années, pendant lesquelles il se fit remarquer par sa brillante intelligence et son amour passionné pour le travail. Il quitta Toulouse le 27 septembre 1787 et se rendit à Paris, où il suivit les leçons de Desault et de Louis, qui étaient les plus grands chirurgiens du temps. Bientôt un concours ayant été ouvert sous la présidence de Desault pour la création d’un certain nombre de places de chirurgiens de la marine à Brest, Larrey, emporté par son ardente imagination, accomplit le premier pas dans la vie aventureuse qui devait être la sienne, et affronta l’examen. Nommé après de brillantes épreuves, il se rendit à pied à Brest, où il reçut son brevet de chirurgien -major des vaisseaux du roi, et fut embarqué en cette qualité à bord de la Vigilante , frégate de vingt canons, à destination de Terre- Neuve. La campagne de la Vigilante est bien connue par le récit qu’en a fait Larrey dans ses Mémoires imprimés. Aussi ne ferai- je que la signaler. Partie le 3 mai 1788, la Vigilante séjourna assez longtemps à Terre-Neuve pour permettre au jeune chirurgien de recueillir d’intéressantes observations d’histoire naturelle, visita Saint-Pierre et Miquelon et remit à la voile pour rentrer à Brest le 27 septembre de la même année. Dans cette expédition, qui dura six mois, Larrey obtint des résultats qui feraient encore aujourd’hui l’orgueil des plus vieux praticiens. Sur quatre-vingts personnes confiées à ses soins, il n’eut à regretter aucune perte et ramena en bon état le personnel qui lui avait été confié. Ces succès furent dus aux précautions d’hygiène auxquelles il soumit l’équipage, et à des mesures de désinfection et d’assainissement du bâtiment que ne désavouerait pas la science moderne, et qui devinrent plus tard la règle du chirurgien de la Grande Armée dans ses ambulances et ses hôpitaux.

En arrivant en France, Larrey sollicita son licenciement et revint à Paris au mois de novembre 1788, rapportant au

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