‹ Napoléon et LarreyChapitre 34 sur 319 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

I. Établissement d’hôpitaux au Caire et dans le Delta. — Création d’une école de chirurgie. — Institution de lazarets et d’un conseil de santé. — Création de l’Institut d’Égypte. — Installation de l’Institut. — Le général Bonaparte et l’Institut. — Révolte du Caire. — Mort des ingénieurs Thévenet et Duval, des chirurgiens militaires Roussel et Mouquin. — Dangers courus par les membres de la Commission des sciences et des arts. — Leur courageuse défense. — Le général Dupuy, gouverneur du Caire, mortellement blessé et pansé par Larrey.

— Mort de Dupuy. — Répression de l’émeute. — Larrey à son oncle Alexis Larrey, au sujet de ces événements. — Déplacement des hôpitaux. — Bataille de Sediman. — Mort du chirurgien Luent. — Poursuite de Mourad par Desaix.

— Vivant Denon et les monuments de la basse Égypte. — IL Bonaparte et le canal des deux mers. — Bonaparte et Larrey à travers le désert. — Le cocher César. — Rentrée au Caire. — Le général Bonaparte et l’Institut. — III. La peste d’Égypte. — L’épidémie à Alexandrie , à Damiette et à Mansourah. — Incertitude sur la nature de la maladie. — Bonaparte et les prescriptions d’hygiène et de salubrité. — Mesures prises par Larrey et Des Genettes. — Interdiction dans l’armée de prononcer le nom de peste. — Illusions des soldats. — Préparatifs de Larrey pour la campagne de Syrie. — Trait d’indépendance vis-à-vis de Bonaparte. — Les ambulances à dromadaires. — Larrey et les prisonniers anglais de la citadelle du Caire et le général Bonaparte.

Pendant que Bonaparte luttait ainsi contre le découragement de son armée et lui laissait voir quelle devait vaincre ou mourir sur la terre d’Égypte, il manifestait sur tous les sujets qui intéressaient sa santé ou son hygiène une extrême sollicitude. Dans ces questions, Larrey et Des Genettes étaient des auxiliaires dignes de lui. Ils lui firent adopter l’établissement d’hôpitaux au Caire et dans toutes les villes de la basse et plus tard de la haute Égypte, l’institution de lazarets à Rosette et à Damiette, la création d’un Conseil sanitaire, et provoquèrent de sages règlements d’hygiène, que

EXPÉDITION D’ÉGYPTE

Bonaparte rendait immédiatement obligatoires h Le général en chef concéda à Larrey une vaste résidence, dans la pittoresque île de Rôda, pour établir une école de chirurgie. On aurait difficilement trouvé sur les bords du Nil un site plus frais et plus enchanteur. C’est là que, d’après la tradition religieuse, s’arrêta le berceau de Moïse quand la fille de Pharaon le recueillit sur les eaux.

A côté des mesures administratives et hygiéniques par lesquelles Bonaparte s’attachait à maintenir la discipline et la salubrité dans son armée, il faudrait, — pour avoir une idée de la méthode avec laquelle on peut fonder un empire civilisé, — placer en regard ses actes divers de gouvernement. On comprend que ce n’est pas ici le lieu. Il est cependant une de ses conceptions, — la plus élevée et la plus digne de ce génie si essentiellement moderne, — qui doit nous arrêter un instant. C’est l’Institut d’Égypte, dans lequel Des Genettes, Larrey, Berlhollet et les médecins de l’armée d’Orient tinrent une place qu’il n’est pas possible de passer ici sous silence.

L’arrêté qui fonda cette Société restée célèbre est du 3 fructidor an VI (20 août 1798). Il prescrivait qu’il serait établi au Caire un Institut pour les sciences et les arts, ayant principalement pour objet : 1° le progrès et la propagation des lumières ; 2° la recherche , l’étude et la publication des faits naturels, industriels et historiques; 3° de donner son avis sur les différentes questions que lui soumettrait le gouvernement.

Les premiers membres de l’Institut nommés par le général en chef furent : Monge, Berthollet, Caffarelli, Geoffroy- Saint- Hilaire, Andréossi et Des Genettes. Ils reçurent la mission de préparer un règlement d’organisation et de désigner à la nomination du général en chef les membres de la Commission des sciences et des arts qui devaient faire partie de la Compagnie. Ils adoptèrent la division en quatre sec-

Les instructions de Des Genettes et de Larrey concernant l’hygiène de l’armée et les précautions à prendre contre l’ophthalmie, la dysenterie et la peste, étaient mises à l’ordre du jour.

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