‹ Napoléon et LarreyChapitre 41 sur 319 · GRAVÉ PAR CASTEIX, SCULPTEUR · texte numérisé non relu

GRAVÉ PAR CASTEIX, SCULPTEUR

1 Ebers, op. cit., p. 26.

EXPÉDITION D’ÉGYPTE

l’ancien canal des pharaons, que le khalife Omar fit réparer. Sous les Perses, les Ptolémées et les Romains, ce canal fut navigable par intervalle; il le resta pendant plus d’un siècle. L’insouciance et l’incurie turques le laissèrent bientôt s’ensabler, et un khalife ordonna de le fermer du côté de la mer. Il tomba alors dans l’oubli. Bonaparte n’ignorait pas l’existence de cette ancienne communication des deux mers, et, la pensée de la rétablir venant naturellement à son esprit, il voulut lui -même se rendre sur les lieux pour inspecter le terrain qu’avait autrefois traversé le canal. Il tenait, du reste, à visiter Suez.

Le général en chef partit le 4 nivôse (25 décembre) Ce fut une expédition scientifique succédant à l’expédition militaire. Il emmenait avec lui, — outre Berthier, Caffarelli, Larrey et Daure, — tout un état-major de savants : Monge, Berthollet, Le Père, Costaz, Dutertre et Descotil. Larrey remit son service à Millioz1, chirurgien de première classe, et prit ses dispositions pour assurer l’hygiène et le bien-être de la petite expédition.

Le 7 nivôse (27 décembre), les voyageurs étaient rendus à Suez. Le premier soin de Larrey fut d’organiser 1 hôpital pour la nouvelle garnison; il donne dans son Journal la description de la ville, qui n’était alors qu’un misérable village de pêcheurs, avec un port ensablé, entouré de ruines, de monuments antiques. L’isthme fut, en effet, dès les pharaons, un point de la plus haute importance. La place frontière d El-Kantarah était le lieu de transit sur la route qui menait les caravanes de Syrie en Égypte. Un peu plus loin, au sud, sont les ruines de Tell-es-Semoût, à la place même où étaient les tours de garde et de défense élevées par les pharaons pour protéger le Delta contre les ennemis qui les menaçaient du côté de l’Asie. Sétif I", qui fit creuser le canal, et son fils Ramsès II construisirent ou achevèrent de nombreux édifices dont les débris existent encore.

Mais Larrey et les savants n’eurent pas beaucoup de temps

1 Larrey au citoyen Millioz, 2 nivôse. Mss. B. N.

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