‹ Napoléon et les femmesChapitre 21 sur 25 · BARONNE DE MATHIS · texte numérisé non relu

BARONNE DE MATHIS

(Christine Ghilini) 1784-1841

PHYSIONOTRACE PAR QUENEDEY (A M, Frédéric Masson)

" ,' ■' X'.K --r - . -f: ,: .^, •<;•■ ^ ' y . Vo«':- ; -'-f ^

■■•■■■ /' ■ •’'■,■ -r ,..■ ■■ . ■ •■■'•'■'Ar’iiz^ ’^,.}^ :^>r-' ;ÿ#fi

^iy- - a: ■ ;^.- ' ■?

il- ^■■:J'. -^ ■ r : : , ... ;-:- li" : ;^'. ■ 's*

-•-'wi ^M ■*•

fi- ■ ;H^'- v:;-.^-;, ' ’1|

'i . ■ - lsi(^y:*»A'v .• . . ’i. . ’ c.i;. . .’i.-Ai^niïetî

i>ii' è»-

' ; T.ÜV-' ■ :■.. ';:.;

*;. ,. ^ .ia:1l>. -•

LE DIVORCE

Pour avoir pris des distractions, pour être revenu au lit conjugal, pour s’être laissé toucher par ses souvenirs, pour s’être attendri et énervé. Napoléon ne s’est point convaincu, n’a point renoncé à l’idée qui l’obsède et qui le hante , que sous toutes les formes lui représentent ses conseillers, et, bien plus vivement, sa propre ambition et sa raison. C’est bien en vue du divorce futur qu’il part en Italie à la fin de 1807. Une des inquiétudes de Joséphine, c’est le sort qui, elle répudiée, sera fait à son fils. Or, si Napoléon, dès i8o5, a établi Eugène en Italie comme vice-roi ; si, en 1806, lorsqu’il l’a marié à la princesse Auguste, il lui a donné le titre de Fils de France, les promesses qu’il a faites n’ont point encore reçu la sanction suprême d’un acte législatif, et l’assurance de l’hérédité du royaume sur la tête d’Eugène et de ses descendants est purement verbale.

Il veut donc sur ce point rassurer à la fois sa femme et la maison de Bavière ; et il veut aussi s’éclairer sur un projet d’union qui serait décent. S’il a regretté de n’avoir point épousé la Vice-Reine, la princesse Auguste, « la plus belle personne des Cercles, comme on disait avant lui », la sœur d’Auguste, la princesse Charlotte, ne serait-elle point la femme qui lui conviendrait? et c’est pour cela, sans doute, qu’il convoque à Milan le roi et la reine, et la princesse de Bavière. Entre temps, il réfléchit qu’il ne saurait être le beau-frère de son beau-fils. De plus, la jeune fille lui plaît moins qu’il n’espérait. Il la

laisse donc à ses étranges destinées et se retourne vers un nouveau plan : celui d’une alliance de famille.

N’est-elle point déjà grandelette et bonne à marier, cette Lolotte qu’il n’a point vue depuis cinq ans et que jadis, la tenant par la main, il menait par ses salons consulaires? C’est la fille des premières noces de Lucien avec cette Gatlierine Boyer que Napoléon aimait en sœur, malgré qu’elle fût la fille de petits aubergistes de Saint-Maximin du Var et que, à ses dél^iits dans la famille, elle ne sût même pas signer son nom. Sans doute, depuis qu’elle a échappé à la tutelle d’Élisa, depuis qu’elle est partie de France avec son père et sa belle-mère, Lolotte a dû embrasser leurs querelles; mais elle n’a pas encore quinze ans, les souvenirs de la première enfance peuvent se réveiller en elle : l’Empereur, à ce point familial qu’il a scrupule de distraire, pour qui n’est point Bonaparte, une part quelconque de ses grâces souveraines, à ce point fraternel que, avec ses frères, sa vie se passe à pardonner et que la réconciliation avec Lucien lui semble un intérêt du premier ordre, peut rêver d’enter sa postérité sur sa propre race et de faire ainsi procéder sa dynastie uniquement de lui. D’ailleurs, si vraiment l’écart de l’âge est trop grand, si la jeune fille éprouve des répugnances, si lui-même conçoit des scrupules, à défaut de son trône, ne peut-il appeler Lolotte à partager quelqu’un des trônes d’Europe qu’il bonapartisera ainsi : celui d’Espagne par exemple? Pour son jeu d’avenir, ce n’est point une

LE DIVORCE

Page 1