‹ Napoléon et les femmes, l'amourChapitre 3 sur 21 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

articles, conçus en pleine indépendance, écrits en pleine liberté, et auxquels le Figaro a offert une hospitalité dont je lui suis profondément reconnaissant. Si le public a paru les accueillir avec quelque faveur, si beaucoup de journaux, en France et à l'étranger, en ont reproduit des fragments, on ne m'a ménagé d'autre part ni les injures anonymes, ni les reproches déguisés.

La plupart de ceux qui, de 4870 à 1879, depuis la chute de l'Empire jusqu'à la mort du Prince impérial, m'ont vu, à leurs côtés, dans les rangs du parti bonapartiste, ont blâmé ces articles, qu'ils ont trouvés inopportuns et irrespectueux. Ils ne m'ont point fait l'injure de croire que j'eusse, pour un intérêt, déguisé ma pensée, ou que je recherchasse quelque occasion de renier mon passé, mais ils se sont dit — quelques-uns me l'ont dit à moi-même — que la passion d'écrire et le désir de me voir imprimé en bon lieu, la préoccupation de plaire au public et le goût de lui fournir des anecdotes inédites m'avaient entraîné à exposer et à commenter certains faits que j'aurais dû taire; que j'avais une façon à moi d'être bonapartiste qui ne leur agréait point, et que, si ma passion pour Napoléon m'amenait à révéler des histoires de cette sorte, un ennemi n'eût point fait pis. Ce sont là les accusations. Je ne les diminue, ni ne les aggrave. Il me serait aisé de n'y point répondre ; mais, durant vingt années, j'ai partagé les passions, les espérances, les joies et les deuils de ceux qui m'accusent. Je tiens à l'amitié de quelques-uns et

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j'entends garder l'estime de tous. Je veux donc m'expliquer avec eux puisque l'occasion s'en présente : je regrette d'être contraint de le faire devant le public que ces querelles n'intéressent point, qui sait à peine que j'existe, qui ignore mon passé et qui trouvera ces pages un hors-d'œuvre dans le livre qu'il achète ; mais, jusqu'ici, nul n'a soupçonné ma loyauté : j'ai toujours marché le front haut et le visage découvert. Il ne saurait donc me convenir de reculer devant une explication qui depuis longtemps me paraissait nécessaire et qui est à présent indispensable. Ce livre, en effet, n'est que le premier d'une série d'études que je publierai successivement. J'entends y exposer le résultat de mes recherches avec une entière et complète indépendance. Je tiens donc à dire à mes anciens amis politiques pourquoi jadis je me suis engagé dans leurs rangs, pourquoi aujourd'hui je me sens libre d'agir à ma guise et d'écrire à ma mode, sans accepter d'eux aucun mot d'ordre, sans recevoir aucune consigne, sans admettre aucune censure.

Les hommes qui, après 1870, ont formé l'étatmajor du parti bonapartiste venaient en immense majorité des anciens partis, légitimiste ou orléaniste ; même ceux qui, de la République de 1848 s'étaient ralliés au prince Louis-Napoléon, avaient des attaches réactionnaires. Tous avaient été engagés à la fidélité envers l'Empire tombé par les places qu'ils avaient occupées, les grâces qui avaient été faites à eux ou à

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