MOTIFS DE L'OCCUPATION D'AMSTERDAM
Ainsi, selon Napoléon parlant par la bouche de Glarke, l'affaire de Haarlem passe au premier plan : c'est elle qui motive et justifie l'entrée à Amsterdam ; selon Napoléon parlant par la bouche de Champagny, ce sont les préparatifs de défense de la capitale et surtout la déclaration faite le 8, par Louis, au chargé d'affaires de France, sur la résistance passive destinée à constater la violence : « Conduite inconcevable, a dit l'Empereur, de la part de mon frère, d'un prince français qui devrait regarder comme son premier titre celui de Français, que j'ai élevé, que j'ai fait roi ! Insulter mes aigles ! Fermer les barrières devant elles ! Dans toute l'Europe continentale, depuis le golfe de Finlande jusqu'au Tage, depuis la Vislule jusqu'à la Save, l'aigle française est accueillie et honorée et une telle insulte lui serait faite par la Hollande, conquise par les armes françaises et dont l'indépendance est un bienfait de la France ! Si celte menace, ajoute-t-il, avait été faite pur l'Autriche ou la Russie, la guerre en aurait été la suite. Si c'était le roi de Prusse, ou de Bavière, ou de Wurtemberg qui se lut porté à une telle indignité, la perte de son trône en aurait été le résultat. C'est pour la repousser que j'occupe Amsterdam. Je n'ai aucun intérêt à augmenter le nombre de mes troupes clans la Hollande, pays malsain, mais il faut punir la témérité de ceux qui ont poussé la témérité jusqu'à calculer le petit nombre de troupes que j'avais dans le pays. »
Il reste pourtant, au dire de Champagny, un moyen
de calmer l'Empereur: c'est que les troupes françaises soient reçues en triomphe à Amsterdam, que le roi soit le premier à donner l'exemple d'un accueil honorable et amical, que cet exemple soit suivi et que les Hollandais traitent les soldats français comme des frères. Champagny dresse même le programme des réjouissances où il faut d'abord un grand repas offert par la ville aux soldats. Moyennant cela, moyennant encore la destruction des lignes de défense élevées autour d'Amsterdam, la mise à mort des insulteurs de la livrée impériale, le renvoi du ministre de la Police et la réintégration de l'ancien bourgmestre, l'Empereur consentira à recevoir quelque ouverture de la Hollande.
Quant aux propositions apportées par Valckenaër, peu s'en est fallu que l'Empereur ne les prît pour une dérision. « Cette forme de foi et hommage, a-t-il fait répondre, n'est plus de nos jours et, quant à la dépendance qu'elle exprime, l'Empereur, qui la regarde comme existante de droit et de fait, ne pourrait y voir une concession. L'Empereur, souverain du Grand Empire, chef de la Ligue continentale et devenu, par la force de ses armes et de son génie, l'arbitre de l'Europe, peut se regarder comme le suzerain de plusieurs princes, mais il a surtout cette opinion à l'égard du roi de Hollande, conquête de la France, et il croit devoir exercer des droits bien plus étendus sur ce pays que sa position entre la France et l'Angleterre rend si intéressant pour lui. L'Empereur a