‹ Napoleon et sa famille (volume 2)Chapitre 117 sur 141 · COMPAGNONS DE VOYAGE · texte numérisé non relu

COMPAGNONS DE VOYAGE

Bloys van Treslong, contre-amiral depuis 1804, est, depuis 1807. attaché comme aide de camp à la personne du roi, mais il n'a reçu aucun grade, nouveau, aucune faveur, sauf la commanderie de l'Union ; pourtant, si Louis compte sur Travers comme sur un favori intime, il compte sur Bloys comme sur un Hollandais ayant toutes les vertus de sa nation. Tous deux, il les a choisis, après de longues hésitations, pour ses compagnons de voyage et d'exil : c'a été un grand travail, car il a pesé successivement les mérites de tous ceux qui l'entourent et qu'il croit particulièrement dévoués : Roëst van Alkemaade, son grand maréchal, Krayenhof, son ancien ministre de la Guerre, Charles de Bylandt, qui est un de ses aides de camp, le colonel Trop, son écuyer, Van Tuyl van Serooskerken qui a été son premier page, van Pallandt, un de ses trois « premier chambellan », Dundas Tindal, colonel des grenadiers de sa garde, J. G. van Ilasselt, colonel des hussards; il les a écartés l'un après l'autre pour des motifs divers, mûrement raisonnés, et s'est arrêté à ceux-ci, l'un Hollandais pur sang, l'autre Français naturalisé, mais qu'il croit, comme lui-môme, bien plus hollandais que français.

Aidé de son valet de chambre Laforce et de ses deux aides de camp, il achève d'emballer des papiers. A minuit, il passe dans la chambre du prince royal qu'il embrasse tendrement sans l'éveiller; puis, accompagné de ses trois compagnons, suivi d'un pauvre chien, un barbet piteux qu'il a recueilli jadis à Tiel, — car il

Page 1