‹ Napoleon et sa famille (volume 2)Chapitre 28 sur 141 · LE DIVORCE. — MISSION DE GAMPI · texte numérisé non relu

LE DIVORCE. — MISSION DE GAMPI

Madame, Fesch et Pauline, sur la certitude désormais acquise du divorce, Campi, l'ancien secrétaire général du Liamone, qui a été avec Lucien au ministère de l'Intérieur, à l'ambassade de Madrid et qui est mêlé en confident intime à toutes les affaires de la Famille. Gampi apporte la prière que Lucien expédie sans retard à Paris ses deux filles du premier lit, Lolotte et Lili. — C'est ainsi qu'on appelle uniquement dans la Famille et les entours, Charlotte et Christine- Egypta. — On tient surtout à Lolotte qui va sur ses quinze ans.

Dans sa lettre, le cardinal, avec son adresse accoutumée, a fait allusion à la pension que l'Empereur vient d'accorder à miss Patterson. Cela suffit pour que Lucien se cabre et prenne l'éveil. « Je vous prie de m'expliquer, répond-il le 6 décembre, quel arrangement on fait avec la première femme de Jérôme et qu'est-ce que cela a de commun avec la mienne, car cette phrase de votre lettre n'est pas rassurante. » De Lolotte pas un mot. Madame, Pauline et le cardinal attendent pourtant « avec la plus grande impatience ». Lucien n'° plus aucun motif de ne pas envoyer Lolotte; l'Empereur va divorcer, Louis va se séparer ; c'est fini de Joséphine et des Beauharnais. La Famille a reconquis l'Empereur dont les sentiments sont déjà tout autres que jusques ici. Madame supplie Lucien d'en profiter (12 décembre), mais il a fait son plan et il n'entend donner ses filles que contre des avantages assurés et sérieux.

Le 18 décembre, deux de ses envoyés se présentent

à Paris chez Madame : Campi, revenu de Canino, et Boyer, le frère de la première Mrae Lucien, resté près du Sénateur comme secrétaire intime, confident et factotum. Madame a le cardinal près d'elle, et le premier mot qu'elle dit est : « Pourquoi n'a-t-il pas envoyé Lolotte ? — Lolotte serait arrivée, répond Boyer, si M. Lucien n'avait craint de déplaire à l'Empereur. Vous aviez demandé Lolotte et Lili. — Ce n'est pas une raison pour ne pas envoyer Lolotte, dit Madame » ; elle prend les lettres que Lucien adresse à Jérôme et à Pauline, disant qu'elle se charge de les envoyer, et laisse la parole à Fesch : « Je pense, dit-il, qu'il faudrait s'occuper à la fois de Lolotte et de Lucien. L'événement qui vient d'arriver était désiré par Lucien, c'est le moment de parler d'un arrangement. » Boyer et Campi répondent qu'à leur départ de Canino, Lucien n'avait pas connaissance du divorce ; que si, à présent, on lui parle d'arrangement pour lui, il croira que l'on ne veut plus s'occuper de sa Lolotte ; Fesch insiste : Il ne s'agit pas de Lolotte : « Lucien a dit plusieurs fois : « Quand l'Empereur divorcera, je verrai ce que j'aurai à faire. » Cela signifie beaucoup. — Monseigneur, dit Boyer, entend-il que M. Lucien fasse divorce"? — Je ne vous parle pas de divorce, répond Fesch, mais d'un arrangement. — M. Lucien, remarque Campi, ne pourra pas croire que sa famille désire un arrangement si l'on s'exprime toujours en termes obscurs. — Il aurait tort, dit Fesch ; nous parlons assez clairement. — Que voulait donc dire votre Emi-

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