‹ Napoleon et sa famille (volume 2)Chapitre 71 sur 141 · LOUIS RETIRE SES OFFRES · texte numérisé non relu

LOUIS RETIRE SES OFFRES

puisse — encore à cette date — présenter de la conduite d'Hortense. Louis ne veut et ne peut parler que d'une incompatibilité d'humeur réciproque, mais l'initiative qu'il a prise, en demandant la séparation à un moment où il était peu généreuxde le faire, constitue une injure qui, à elle seule, justifie le domicile particulier de l'épouse. L'Empereur, par une lettre qu'il fait écrire officiellement par Duroc, le 24 décembre, à l'issue du Conseil de famille, autorise la reine de Hollande à rester à Paris : Elle aura pour habitations l'hôtel de la rue Gerutti et le château de Saint-Leu ; elle recevra, par an, un million de pension pour son entretien, et c'est à elle qu'est confiée la garde des jeunes princes. L'échec de Louis est donc complet : A une telle démarche, i a perdu ses propriétés particulières, la garde de ses enfants, une rente d'un million, et cette autorité maritale dont il avait été si jaloux.

Au moins, ses affaires hollandaises ont-elles pris meilleure tournure? Le 17 décembre, en même temps qu'il adressait à l'Empereur sa requête en séparation, il lui a remis cette lettre qui, après l'offre qu'il a faite lui-même à Ghampagny, les paroles de, l'Empereur au Corps législatif, le discours du ministre de l'Intérieur, ce que Napoléon lui a dit le 15, semble incompréhensible et marque du délire :

« Sire, je supplie Votre Majesté Impériale de daigner oublier toutes les fautes qu'on a commises en

Hollande et de recevoir la promesse que, si elle veut faire un autre essai, elle n'aura pas à s'en repentir. Je lui promets de faire exécuter strictement toutes les mesures de douanes que Votre Majesté jugera à propos d'adopter en France, et de faire en sorte que les sujets de griefs que Votre Majesté peut avoir contre ce pays et contre moi ne se renouvellent plus. Je lui demande de vouloir, avant mon retour, lever la défense existante du commerce, lui promettant d'avance toutes les garanties que Votre Majesté Impériale peut désirer, si ma parole ne suffit point.

« Sire, la situation de la Hollande peut s'expliquer en deux mots : Elle ne peut exister physiquement ni moralement sans un gouvernement à part et sans sa dette, quelque énorme qu'elle soit. Mais, si Votre Majesté Impériale croit nécessaire de réunira la France l'ile de Walcheren, à cause de Flessingue, je prie Votre Majesté Impériale de me faire connaître ses intentions. Je m'empresserai de donner les ordres et les instructions nécessaires pour l'échange de cette île contre toute autre partie de territoire, soit dans le grand-duché de Berg, soit dans la Westphalie, qu'il plaira à Votre Majesté de déterminer.

« Je finis, Sire, par assurer Votre Majesté qu'aussitôt mon retour en Hollande, je mettrai tous mes soins et toute l'activité possihle afin que Votre Majesté puisse être plus contente et plus satisfaite de la conduite et de l'esprit de la Hollande et de son gouvernement.

« Votre Majesté acquerrait de plus grandes sûretés

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