L'OCCUPATION DE B ERG-OP- ZOOM
chose qu'une occupation militaire et une suite d'ordres déjà antérieurement donnés, mais restés jusqu'ici sans exécution. »
Le 18, par un courrier d'Oudinot, il apprend l'échec de la combinaison qui rappelle à tant d'égards celle qu'il a employée jadis à l'égard de l'Espagne : la résistance passive qu'opposent les gouverneurs Hollandais déconcerte ses mesures. Sans savoir encore si elle ne se transformera pas en résistance active — ce qui serait un terrible scandale — • il veut à tout prix la faire cesser et, « la prenant comme un affront qui est fait à ses troupes », il pense, par des menaces, obliger Louis à la lever. « Vous vous rendrez chez le roi, écrit-il à Glarke, pour lui faire connaître que, s'il n'y remédie pas, je ferai marcher mes troupes sur Amsterdam et que je déclarerai la réunion de la Hollande à la France. Vous lui direz que mes troupes venaient occuper militairement ces places et que je suis le maître de les faire entrer dans Berg-op-Zoom et Bréda qui ont toujours été dans les mains de mes armées ; que c'est à lui à prescrire des mesures, sans quoi il sera responsable du sang qui coulera. »
Louis, sans attendre la visite de Glarke, a su par ailleurs la colère de l'Empereur et les ordres qu'il a donnés. Il essaie de se justifier. Par le courrier que les gouverneurs de Berg-op-Zoom et de Bréda lui ont adressé, il a eu copie des sommations d'Oudinot. Elles portent prise de possession et non pas occupation militaire. 11 le fait valoir et, s'il donne ordre aux gouverneurs de recevoir et d'accueillir les troupes
envoyées d'Anvers, au moins demande-t-il qu'on ne prenne point possession d'une manière illégale. Il prétend faire constater, en même temps d'une manière officielle, s'il est libre ou non. « Ne pouvant dans ces circonstances, écrit-il à l'Empereur, demeurer plus longtemps absent de mon royaume, je prie Votre Majesté de trouver bon que je m'y rende le plus tôt possible. » Le même jour, il fait passer par son ministre des Affaires étrangères au ministre des Relations extérieures de l'Empire une note en forme sur la nécessité de son retour en Hollande.
Après qu'il a écrit et envoyé cette lettre et cette note, il reçoit de Clarke une communication qui, sans doute, a été rédigée par l'Empereur, mais dont le ton comminatoire, étant donné qu'elle est signée du ministre de la Guerre de l'Empire, est d'une inconvenance qui choque : « Sa Majesté l'Empereur et Roi a vu avec déplaisir que les commandants de Berg-op- Zuom et Bréda se fussent permis d'en refuser l'entrée à ses troupes de l'Armée du Nord. En agissant ainsi, ils ont manqué à l'obéissance qu'ils doivent à un maréchal de l'Empire, commandant les forces françaises et hollandaises entre l'Escaut et la Meuse. L'Empereur a appris cette conduite avec d'autant plus de peine que cet événement avait été prévu et que le gouverneur hollandais, en défendant de laisser entrer les troupes dans Berg-op-Zoom et dans Bréda, a prescrit, par cela même, de faire un affront gratuit et sans motifs aux armes de l'Empereur. L'Empereur a ordonné que les pays entre l'Escaut et la Meuse fus-