‹ Napoleon et sa famille (volume 2)Chapitre 76 sur 141 · L'OCCUPATION DE BERG-OP-ZOOM · texte numérisé non relu

L'OCCUPATION DE BERG-OP-ZOOM

sent occupés militairement par le maréchal duc de Reggio et de faire passer par les armes quiconque y apporterait la moindre opposition.

« Ces mesures étant la conséquence nécessaire des ordres donnés à ce maréchal, je n'avais pas à en prévenir Votre Majesté. Ce qui s'est passé à Berg-op- Zoom et à Bréda m'impose le* devoir de l'avertir que, s'il est un moyen de faire sortir la Hollande de sa situation fâcheuse, ce ne peut être qu'en fléchissant l'Empereur -et non en entreprenant vainement de lui résister.

« Si quelqu'un conseille à Votre Majesté de jeter à la France le gant du défi, il est à la fois son ennemi personnel et celui de la Hollande, puisque la moindre apparence d'une nouvelle résistance ne peut manquer de lui devenir funeste... Aucun des pays du Grand- Empire ou de la Grande Confédération ne peut pas sans crime refuser l'entrée de son territoire aux troupes de l'Empereur... »

L'occasion semblerait bonne pour s'indigner, rompre la négociation et prolester, pièces en main, contre un tel acte d'accusation, mais il faut compter avec le caractère de Louis. Il plaide les circonstances atténuantes et il essaie de se justifier.

« Monsieur le duc de Feltre, écrit-il, j'ai expédié l'ordre de recevoir à Bréda et à Berg-op-Zoom les Iroupes qu'on y envoie d'Anvers. Ce n'est pas ma faute si je n'ai été instruit de l'intention de l'Empereur que par la demande de prendre possession de ces deux places. Sans m 'arrêter à la manière dont vous

êtes chargé de me prévenir de l'intention de l'Empereur que ses troupes occupent le pays entre l'Escaut et la Meuse, je vais donner l'ordre qu'on les y reçoive, mais vous êtes trop juste pour ne pas observer qu'un subordonné ne doit obéir qu'à son chef immédiat et que, même parmi les troupes sous ses ordres, un maréchal ne peut donner d'ordres à ses subordonnés que par le canal de leurs chefs. Mes places fortes et villes sont incontestablement sous mes ordres, et je ne crois pas être sous ceux d'un maréchal. »

Gela dit, il revient à son projet de départ qui occupe toute sa pensée : « Je pars, écrit-il, avec de justes chagrins, mais fermement décidé à faire tout ce qui sera dans mon pouvoir pour concilier mes devoirs envers mon peuple avec mes sentiments envers l'Empereur et à le contenter, s'il m'est possible.

« J'ai lu avec la plus grande surprise le mot de gant de défi..., ajoute-t-il. Cette raillerie est bien cruelle. Peut-être mon frère me rendra-t-il justice un jour et regrettera-t-il de ne pas avoir empêché tout ce que souffre un frère qui serait méprisable à ses yeux s'il pouvait oublier ses premiers devoirs. »

En adressant à l'Empereur cette lettre qu'il vient de recevoir, Clarke lui apprend que l'annonce du départ du roi n'est pas une vaine menace : il l'a fixé au lendemain et les ordres sont donnés à l'écuyer.

Le soir, il y a cercle aux Tuileries : Louis s'y rend et l'Empereur, dans une colère qu'il éprouve peut-être — car il se sent dans son tort — l'accueille

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