LOUIS ET FOU G LIÉ
application des décrets sur le Blocus; établissement de douaniers français; exécution du Blocus confiée par l'Empereur à ses propres troupes lesquelles pourront être placées momentanément sur les côtes, par exemple, entre l'Ems et la Jahde, jusqu'au moment où le gouvernement anglais aura rapporté l'arrêt du Conseil de 1807; demande de licences pour commencer ; levée de l'interdiction du commerce par la France ; garantie de l'intégrité du reste de la Hollande; réduction des contingents à proportion des facultés royaume.
Si Louis obtient ces conditions, où il n'est plus question ni de la flotte de vingt-huit navires, ni de l'armée de 2o000 hommes, il gagnera sensiblement silice que l'Empereur a exigé d'abord; et l'on peut croire qu'il va en être ainsi : en effet, la note rédigée par Fouché, où Louis a proposé quelques amendements « littéraires pour éviter tout ce qui serait vague », est soumise, le o, à l'Empereur qui en accepte la plupart des termes, substituant seulement à la cession précise de la Zélande et du Brabant, celle « des parties du royaume qui pourraient être utiles au grand intérêt de 1 Empire. » On peut croire qu'on est à la fin d'accord, et, pour donner des preuves de sa bonne volonté, Louis, sans plus attendre, abolit la dignité de maréchal de Hollande, et propose au Corps législatif le rapport de la loi du 22 mars 1809 par laquelle a été instituée une noblesse constitutionnelle.
Cela fait, il espère qu'au moins l'on va arrêter les
troupes en marche. Le o, il le demande à Fouché, il le demande à l'Empereur. Or, le 6, Napoléon ordonne à Clarke que l'Armée du Brabant occupe la Hollande jusqu'au Rhin dit Wahal, en partant du fort de Schenken, passant sous les murs de Nimègue, Bommel et Norkum, traversant le Biesboch, le Hollandsch-Diep, le Yolkrak et arrivant jusqu'à la mer par le canal qui sépare l'île de Schouwen de celle de Goëre; — la Meuse est donc franchie, et, outre le Brabant et la Zélande, c'est une partie de la Gueldre que l'Empereur s'attribue; — le 7, il ordonne que deux divisions du 4e corps de l'Armée d'Allemagne et deux brigades de cavalerie légère se rendent à Nimègue (chef-lieu du troisième quartier du département de Gueldre) avec leurs Etats-majors, parcs et administration. Les autres troupes sont en pleine marche, et, sous prétexte d'empêcher la contrebande et de s'établir sur les côtes, elles se répandent sur le pays entier; la capitale même est menacée d'une occupation militaire.
Louis en est averti; il y voit sa déchéance inévitable et, changeant brusquement d'attitude devant une mauvaise foi qui justifierait les résolutions les plus extrêmes, il écrit à ses ministres une lettre1 où, révoquant ses ordres antérieurs de ne point faire résis-
1 Cette lettre n'est pas datée; mais Louis y communique lep; de traité et demande l'opinion de ses ministres : elle est donc postérieure au 5 février: Louis est tombé malade le 10 de façon à ne plus pouvoir s'occuper d'affaires ni en écrire, ce qui est confirmé par l'absence de toute lettre de lui entre le 9 et le 19; donc, cette lettre a été écrite du G au 9 février.