MALADIE DE LOUIS
tance à Amsterdam, il déclare qu'après l'expérience de ce qui s'est passé à Bréda et à Berg-op-Zoom, « il a pris le parti de ne plus s'opposer à ce qu'on défende la capitale contre toute entrée de troupes étrangères, si c'est l'opinion des ministres que la défense doit se faire. Il abandonne ps.r conséquent ce point important à leur examen et à leur décision sans vouloir la limiter en aucune manière ». Deux jours après, de plus en plus énervé et inquiet, il expédie à Amsterdam son aide de camp, le comte de Bylandt, pour porter au général Kxayénhof, ministre de la Guerre, l'ordre verbal « de tout préparer pour la défense de la capitale ».
Puis, il tombe malade, n'écrit plus, ne répond plus, ne donne point d'ordres, sauf qu'il envoie le général Suden renouveler ceux qu'il a transmis par Bylandt. Sa maladie, est-ce, comme des médecins le disent, une fièvre nerveuse occasionnée en partie par la température, surtout par les soucis? Faut-il croire qu'elle est, sinon simulée, au moins mise au pire, afin de constituer une sorte d'alibi dans le cas où des événements que Louis a prévus viendraient à s'accomplir ? Convient-il de tirer indice de l'omission de la date sur la lettre qu'il écrit à ses ministres — lui si méticuleux ! — et de l'envoi d'ordres purement verbaux? Espère-t-il que Napoléon, le sachant malade, viendra le voir et s'attendrira? Toutes ces hypothèses sont possibles, car, au moins un de ses médecins, et le plus renommé, ne croit pas àla gravité du mal et, dans ses notes, le traite
légèrement. Etant donnés le caractère de Louis, la peur qu'il a de son frère, l'effroi qu'il éprouve à prendre une résolution, sa façon d'esquiver les responsabilités, on serait tenté de prononcer.
Aux Tuileries, on ne s'explique point ce brusque silence succédant à cette abondance de communications. L'Empereur envoie à l'hôtel de Brienne Fouché qui, n'ayant pu être reçu, écrit à Louis pour le prier d'envoyer son ministre des Affaires étrangères à Champagny pour négocier sur les bases admises par l'Empereur. « Je suis convaincu, écrit-il, que celte négociation aura définitivement une issue très satisfaisante pour le cœur de Votre Majesté et pour le bien de son royaume qui ne peut avoir d'autres prospérités que celles qui se lient à l'intérêt du Grand Empire. » L'Empereur, auquel Fouché a rendu compte de l'inutilité de sa visite, donne l'ordre à Champagny de faire chercher Roëll, de lui faire connaître que le roi a eu divers entretiens avec le ministre de la Police d'où résultent un certain nombre de points qu'on peut regarder comme acquis, savoir : cession de la rive gauche du Rhin, interruption des communications avec l'Angleterre, navigation permise seulement avec les licences de l'Empereur, jugement par l'Empereur des prises faites dans les eaux hollandaises, remise des côtes aux douaniers et aux soldats français, escadre sous voiles dans le Texel ; si telles sont les intentions du roi, le ministre est autorisé à traiter sur ces bases; mais « il n'y a pas