‹ Napoleon et sa famille (volume 2)Chapitre 99 sur 141 · LOUIS A ANVERS · texte numérisé non relu

LOUIS A ANVERS

système français, essayer cette méthode de vivre puisque c'est la seule qui lui permette d'exister? tout le moins ne doit-il pas s'abstenir de toute hostilité, de toute récrimination, de toute taquinerie, supprimer les petites fourberies, les médiocres mensonges, les résistances ridicules qui, prouvant sa mauvaise volonté, irritent l'Empereur sans profit pour la Hollande ni pour lui-même? Oui, mais si la Commission à émis son vote, Louis a gardé son tempérament et son caractère et, quelque désir qu'il puisse avoir de se conformer au premier, les seconds l'emportent.

Si, le 5 mai, sur l'invitation que l'Empereur lui a adressée le 26 avril, il se rend à Anvers, il y porte un front morose et l'air contraint d'un vaincu. Après la conférence qu'il a avec son frère, il ne peut garder aucune illusion sur cette négociation anglaise où il a placé ses dernières espérances. Sans doute, l'Empereur a autorisé la mission Labouchère, mais sur celle-ci, Fouché a greffé une mission Ouvrard ; il a donné à Ouvrard ses instructions personnelles; il a ouvert une correspondance avec Labouchère auquel il a fourni des réponses toutes différentes des intentions de l'Empereur. Il a voulu faire la paix, du moins s'entremettre de façon que, si elle se faisait, on crût que c'était par lui. Est-ce tout? Y at-il par-dessous, quelque chose d'analogue à ce qu'on a pu soupçonner en 1809, un essai d'entente — au moins de pourparler — avec les Anglais contre l'Em-

pereur? Ou bien n'est-ce qu'une grande machination d'agiotage, une spéculation du genre épique, puisqu'on y trouve, à côté d'Ouvrard et de Labouchère, Hainguerlot? En tous cas, dans ce que Louis raconte de la négociation Labouchère, l'Empereur trouve certaines obscurités qu'il prétend éclaircir. Il veut le détail de toutes les communications, le texte de toutes les lettres reçues et expédiées par Labouchère et Louis promet d'envoyer ces pièces dès son retour à Amsterdam. Dans ces papiers, Napoléon découvrira la mission que Fouché a confiée à Ouvrard ; de celle-ci, il remontera à une autre mission dont Fouché a chargé jadis un nommé Fagan. L'affaire du baron de Kolli, qu'on lui a présentée sous un autre jour, s'y mêlera encore et s'y entre-croisera. D'autres encore. C'est un tissu d'intriguesdontFouché tient seul tous les fils. Au retour d'Anvers, Napoléon sortira de là la destitution du ministre de la Police.

Louis a abordé d'autres sujets qui lui tiennent au cœur et, comme il fait toujours, avec une maladresse par laquelle il gâte toutes ses causes. Il a une bête noire : La Rochefoucauld, cet ambassadeur dont il a lui-même sollicité la venue. Pour la dixième fois, il cherche à se débarrasser de ce surveillant incommode, dont l'hostilité n'est point douteuse, mais auquel il donne tant de prises. Dès son retour, il l'a quasiment mis en quarantaine et il a engagé avec lui une lutte où, par tous les moyens, il prétend triompher. Battu sur le terrain de la politique, il croit qu'un autre lui

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