PAULINE- — LES CAPRICES
c«'dei"a donc aux Loclorc Montg'obcrL à coud il ion (ju'ils se cliargeront d'une délie de 25000 francs; quant à Lieu-Reslauré, elle le vendra à son profit. Voilà sa proposition qu'elle déclare définitive; Le 17 octobre tout est changé : « Décidément, écrit-elle, jr ne veux pas donner Montgobert. En arrivant à Paris, j'ai besoin de respirer un bon air. Neuilly ne peut pas me convenir pour l'été ; je n'aurai pas encore Villiers ; je veux faire meubler Montgoberl. J'y passerai les fortes chaleurs... Mon médecin m'assure que cet air me convient parfaitement et je l'ai éprouvé moi-même. Je sais que c'est fort petit, mais je compte n'y faire qu'un petit voyage de six semaines tous les ans. J'y aurai quelques amis et je serai là plus en liberté... J'ai là un monument qui m'est bien cher et c'est un des motifs qui font que je le garde. » Et, vu le désir inattendu qu'elle éprouve de venir pleurer, avec quelques amis, prèsdu tombeau du général, elle offrira à M""' Leclerc Lieu-Restauré, pour s'acquitter de tout envers elle, et à M. Leclerc l'aîné, la Novellara, en cadeau. Dans le cas où l'on aurait instruit les Leclerc de ses premières intentions, on leur dira qu'elles ont été mal interprétées et qu'on s'est trompé. Le 24 novembre, nouveau changement : Voici ce que la princesse décide irrévocablcmenl : « Céder tout de suite Montgobert et la ferme à M™® Leclerc pour ce que je lui dois de la succession Leclerc. Si elle y consent, je le désire de tout mon cœur. Envoyez-moi l'écrit que je le signe et que je n'en entende plus parler. Je ferai cette donation à partir
du 1^'' janvier 1814 et elle se chargera de la dette des 23 000 francs. Je serais désespérée de la payer... Quant à Lieu-Restauré et à la Novellara, je ne veux pas les donner dans ce moment. Je suis bien aise de conserver cela, mais il faut bien que vous vous gardiez de lui faire comprendre mes intentions. »
Ce n'est point fini là et il faudra encore que les Leclerc subissent bien des caprices de leur cidevant alliée avant qu'ils s'établissent à Montgobert.
Surtout le séjour à Nice a été traversé par des souffrances presque continuelles. Le 13 février, M"'' de Quincy écrit : « La santé de Son Altesse est un peu moins mauvaise ; mais il y a fièvre depuis deux jours. » On espère dans le beau climat et dans le nouveau médecin, mais l'un et l'autre n'y peuvent rien. « Notre princesse, écrit le 28 M"® de Cavour, est toujours dans le même état ; son estomac est mieux. Quant à la fièvre et aux douleurs, c'est toujours la même chose. » En mars, « la santé de Son Altesse Impériale est toujours à peu près de même» ; point de forces et beaucoup d'ennui ; le 7 avril, « la princesse est toujours bien maigre et a toujours sa petite fièvre, mais d'ailleurs elle est un peu mieux. » Le 28, « Son Altesse est toujours bien souffrante, elle vient d'avoir et elle a encore une crise assez forte, bien qu'elle le soit moins qu'à l'ordinaire. Un jour de calme est suivi de huit jours de douleur. Elle a suspendu son régime. » Et c'est un désespoir dans la maison où la vie est intenable, devant cette perpétuelle