I.A CM LITE DU GRAND EMPIIU
renonce à tenir sur le Duero, sur le Carion, sous Biirgos. — Les convois expédiés à Viloria. — On fait sauter Burgos. — La retraite continue. — On s'arrête à Viloria. — Pourquoi l'on n'en lait pas partir les convois. — Etat des armées. — Insouciance de Joseph. — Ses occupations dans la journée du 20 juin. — Bataille de Viloria. — Allilnde de Joseph. — Sa fuite. — Il ne donne aucun ordre. — Butin des Anglais. — Le roi manque d'être pris. — Son arrivée à Irurznn. — Sa lettre à Julie. — Sa lettre à Clarke. — Il passe la main. — Les générau.x français se tirent eux-niôincs d'affaire. — Joseph entre en France. — Lellre du 28 juin à l'Empereur. — Joseph a tout prévu et tout sauvé. — Sa vanité. — Ses récriminations. — Il reprend le commandement. — Lettre à Clarke contre les généraux, contre le ministre, contre l'Empereur.
— Mission de Miot près de l'Empereur en passant par Vichy.
— Julie, à Vichy, empêche Miot d'aller plus loin. — Arrivée à Vichy d'un envoyé du ministre de la Guerre, sur l'ordre de l'Empereur. — Ce que fait l'Empereur. — Ordre ù Soult d'aller prendre le commandement de l'Armée d'Espagne. — Hypothèses diverses de l'Empereur sur ce qu'aura fait Joseph.
— Défense à Joseph de quitter le Midi. — S'il l'a quitté, interdiction de venir à Paris. — Exil à Murtefonlaine. — Envoi de Rœderer près de lui. — Craintes au sujet de la Régente. — Mansuétude extrême de l'Empereur. — C'est à lui-même qu'il s'en prend. — Ce que font à Paris Cambacérès et Clarke. — Lettre de Clarke ;ï Joseph. — Actes d'autorité de Joseph à Bayonne et à Bordeaux. — Lettres à Clarke. — Plaintes contre tous les généraux. — Arrivée de Bœderer à Bayonne. — Arrivée de l'aide de camp de Clarke. — Entretiens de Joseph et de Rœderer. — Joseph parait se soumettre. — Entrevue avec Soult. — Demandes de Joseph à l'Empei-eur. — Joseph parait vouloir s'établir au château de Poyanne. — Il s'évade de Bayonne. — On le rattrape. — Lupiieludes de Soult. — Sommations. — Joseph revient à Poyanne. — Il reçoit l'autorisation de se retirer à Morlefontaine. — L'Empereur exaspéré contre Joseph. — Conditions qu'il met au séjour à Mortefonlaine. — Retour de Joseph à Morlefontaine.
Conséquences de la défaite de Viloria. — Les Coalises plus arro-
gants et plus assurés. — La trahison dans l'Armée et le Gouvernement. — Napoléon veut voir Marie-Louise. -- Voyage de Mayence. — Reprise des hostilités. — Dresde. — Leipzig.
Jérôme. — La défaite de Leipzig entraine le royaume de Weslphalie. — Après l'entrevue de Dresde, Jérôme revient mécontent. — -Relus de l'Empereur de lui donner un commandement, sauf conditions qu'il y met. — Obligation de former la garde française. — Les hussards Jérôme-Napoléon. — Le régiment à peine constitué lors de la reprise des hostilités.
— Les hussards -weslphaliens passent à l'ennemi. — Napoléon ordonne de désarmer les autres régiments. — Cassel entièrement démuni. • — Rcinhard repris pour avoir demandé des secours. — Etranges paroles de Jérôme : « Si je restais ! »
— Lettre de Czernitcheff à Jérôme. — Jusqu'où est-il allé?
— L'Empereur ne veut pas croire au péril de Cassel. — Une première fois sauvé par Lefebvre-Desnôettes. — Attaqué maintenant de deux côtés par les ordres de Bernadotte. — Moyens de défense. — Effectifs. — Secours à espérer. — Marche de Czernitcheff. — Les Cosaques en vue de Cassel. — Courriers envoyés de tous côtés. — Attaque du faubourg. — Départ du roi. — Allix laissé à Cassel. — Charge de l'escorte de Jérôme coutre les Cosaques. — Allix prie le roi de revenir. — Sur des bruits, Jérôme reprend sa marche et va se réfugier à Coblentz. — Défense de Cassel par Allix. — Son énergie. — Capitulation.
— Entrée de Czernitcheff. — Occupation de Cassel. — Le royaume de Westphalie a cessé d'exister. — Pillage par la populace. — Czernitcheff évacue Cassel. — Jérôme au château de Montabauer, puis à Coblentz. — Lettres à l'Empereur-
— L'Empereur accorde deux divisions pour reprendre la Westphalie. — Jérôme et Allix. — Les contre-vérités. — Lettres de Jérôme à Allix. — Mesures de rigueur qu'il ordonne. — Jérôme et ses courtisans. — Contradictions. — Rentrée de Jérôme à Cassel. — Attaques de Reinhard et de Furstenstein contre Allix. — Disgrâce d'Allix. — État des esprits à Cassel. — Nouvelles de la défaite de Leipzig. — Abandon de Cassel par Jérôme. — Il emmène tous les éléments de défense. — Sa retraite par les montagnes. — Son arrivée à Cologne. — Lettre de l'Empereur à Jérôme. —
RETOUR DE Rl'SSIE 7
înstructioiis de Bassano à Reinhard. — Jérôme interné à Aix-la-Chapelle.
Rentrée de lEmpereiir à Paris. — Le Grand Empire n'exisle plus.
Le 18 décembre 1812, à onze lieures et demie du soir, l'Empereur, toujours roulant depuis Smorgoni, arrive à l'improviste aux Tuileries. Dans cette traversée de l'Allemag-ne, sans croire aussi imminents les dangers qu'il court, sans savoir qu'un complot a été formé pour l'enlever au passage et le supprimer, il a forcé de vitesse et s'est déguisé sous un faux nom. De tous les désastres qu'il connaît ou qu'il pressent, qu'il laisse en arrière ou au-devant des(juels il court, celui qui atteint le plus profondément son orgueil, et qui le laisse le plus incertain sur les moyens de le réparer, c'est le désastre dynastique. Il ne comprend pas. Son « étonnement naïf » frappe les observateurs. Alors, nul n'a songé qu'il y avait un Roi de Rome? Alors, à ceux qui répandaient que l'Empereur était mort, nul, dig-nilaire, ministre, préfet, n'a répondu que c'était un mensonge, que l'Empereur ne meurt pas, qu'il vit dans son fils et que rien n'est changé dans l'Empire, hormis un chiffre après le nom du souverain. De Malet, Napoléon veut tout savoir, mais, sans doute, trop de gens sont intéressés à ne point livrer les ressorts secrets, à ne point révéler les alliances avec les royalistes prisonniers ou libres. On ne sait rien, ou l'on ne veut rien dire. Les complices échappent ; reste à châtier les comparses et les dupes :
Frochot, préfet de la Seine, sera destitué ; Boutercu, bachelier en droit, condamné à mort par la Commission militaire, sera exécuté le 30 janvier 1813. dans la plaine de Grenelle. A quoi bon? Ce n'est pas ce sang-là qui cimentera la dynastie.
A ce mal qu'il n'a pas prévu, il faut un remède héroïque, et ce remède, il faut le découvrir et l'appliquer en même temps que faire face à tout, produire des moyens pour résister à la Russie victorieuse, peut-être à l'Europe soulevée. Alors, tandis qu'emporté par une .fureur de travail, telle qu'il ne l'éprouva peut-être à aucune époque de sa vie, multipliant les conseils spéciaux pour remettre l'ordre en chaque partie et les faisant durer jusqu'à six lieures du soir, présidant chaque semaine le conseil des ministres et l'appelant à délibérer aussi bien sur les mesures de défense nationale que sur les points les plus délicats de la politique intérieure, dirigeant le Conseil d'État et y suivant les dispositions législativ^es que les circonstances imposent, voyant chaque jour tous les ministres et recevant leur portefeuille, dictant cent lettres par vingt-quatre heures, signant dix décrets, revisant tous les comptes arriérés, mettant au courant la besogne de six mois par un c!oup de collier qui, regardé dans ses effets, donne la sensation directe de l'immensité de ses ressources et de la puissance de son cerveau, trouvant du temps encore pour chasser — car on a dit qu'il était malade et c'est la meilleure façon de démentir, — pour passer des revues, pour visiter le Salon, pour aller au spectacle,