‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 23 sur 104 · CATHERINE. - ÉTABLIE A MEUDON · texte numérisé non relu

CATHERINE. - ÉTABLIE A MEUDON

que, « U'ile modérée que soit cette dépense, elle se voit aujourd hui dans Timpossibilité d'y faire face. » « J'ose espérer être suffisamment connue de Votre Majesté, dit-elle en terminant, pour qu'elle doive concevoir combien il en coûte à mon caractère de solliciter des bontés de ce genre. » L'Empereur ne répond pas : sans doute, la situation est attendrissante, mais Jérôme a seul décidé le départ de la reine, il a déclaré qu'à Paris elle vivrait à son compte; il a pris le 2 avril une décision par laquelle il a établi, en la personne de son intendant particulier à Paris, un administrateur central qui donnera les fonds aux chefs de service de la maison de la reine d'après une base déterminée pour la dépense de chaque jour et qui enverra ensuite les comptes à Cassel pour y être apurés par le grand maréchal et le grand écuyer dans la comptabilité desquels ils doivent rentrer; le roi ne manquera donc pas d'envoyer de l'argent. Mais Catherine, bien qu'ici elle se soit trop pressée, est dans son rôle. L'Empereur, à son compte, est obligé de la recevoir à Paris, de lui assigner au moins un million par année et d'entretenir sa cour. Il ne peut faire moins pour la femme de son frère, et tout ce ([uil dirait d'ailleurs pour expliquer qu'il ne le peut pas, ne servirait de rien.

L'affaire de Catherine réglée mal que bien, et l'on ne saurait dire au contentement delà principale inté-

ressée, il faut à la fin rentrer à Paris, avouer la déception et installer la Régence. Le 30 mars, le jour même de son retour, l'Empereur annonce à la députation du Corps législatif l'ajournement sifie die du couronnement : « Aussitôt, dit-il, que les soins de la guerre nous laisseront un moment de loisir, nous vous rappellerons dans cette capitale, ainsi que les notables de notre empire, pour assister au couronnement de l'Impératrice, notre bien aimée épouse, et du prince héréditaire Roi de Rome, notre très cher fils. » Cela ne trompe personne; guère plus la Régence. Napoléon seul croit encore, ou affecte de croire que, pour r Autriche, elle comptera. Il garde encore quelque illusion sur l'attitude que prendra l'Autriche. Surtout il pense que, si lui-même disparaît, l'empereur François, en présence de sa fille et de son petit-fils, arrêtera son hostilité, leur deviendra un protecteur, les maintiendra en possession, non pas du GrandEmpire, mais du territoire de l'ancienne France. Seulement, puisque, à présent, la Régence ne s'adresse plus qu'à l'Autriche, puisque, au refus du Pape, Tonne saurait y donner une consécration solennelle, religieuse et nationale, puisque, sur le peuple, l'effet est manqué, c'est à petitbruit, presque clandestinement que s'opère l'investiture de Marie-Louise; pas même aux Tuileries, où il faudrait l'assistance delà Cour, des Grands Corps de l'Etat, quelque chose des pompes qu'exige un tel cadre, mais dans une maison presque privée, où les salons sont fait pour une société, non pour une cour, où il n'y a point de galerie pour étaler les cor-

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