‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 29 sur 104 · JEROME- — INSTANCES · texte numérisé non relu

JEROME- — INSTANCES

lies de sécurité qui n'étaient pas discutables, — car, avant six mois, ce seront quelques escadrons de cette garde toute neuve qui sauveront à Jérôme l'honneur et la liberté, — il entendait prendre dans sa main, incorporer et disperser dans la Grande Armée les régiments westplialiens, qui, ainsi encadrés, feraient meilleure figure et rendraient plus de services que s'ils restaient réunis. Ce n'était pas que, malgré les exemples de York et de Tetteriborn, il redoutât encore les défections en masse, mais il craignait les désertions individuelles. Il savait que Jérôme opposerait à un tel système toute la résistance possible, mais il déployait pour le réaliser une habileté incomparable.

Jérôme ne désirait rien tant (jue le voir, l'attendrir, se faire pardonner, obtenir un commandement, solliciter son agrément pour les projets qu'on lui avait mis en tête. L'Empereur le traînerait jusqu'à ce qu'il eût employé toute l'armée westphalienne et Jérôme jusque là n'oserait rien dire.

Ainsi, Jérôme a demandé à venir le voir à Erfurt; il lui a répondu : « Je vous verrai avec plaisir dès que votre présence ne sera plus nécessaire à Cassel. Je pense que, dans ce moment, il pourrait y avoir de l'inconvénient à ce que vous quittiez cette ville, mais, aussitôt que l'ennemi sera rejeté sur la rive droite de la Saale, et que la rive gauche sera entièrement libre de partis ennemis, je vous verrai avec grand plaisir ^ »

' 11 est impossible do ne pas rcnian|Uor avec quel acharnement lo ministre de Fiance à Cassel et M"'« Reinhard poursuivent Jérôme

Il a alliiéà lui, pour la disperser dans les places de l'Elbe et dans le corps du duc de Bellune, la division active du général de Hammerstein, mais, en môme temps, il a envoyé à Cassel le général Teste que sa division devait suivre et qui pourvoirait à la défense du royaume. « C'est un bon officier, a-t-il écrit; seulement ses troupes ne devaient arriver qu'en mai,

« Vous pourrez, a-t-il dit à Jérôme, lui compléter une division avec vos troupes. » Cela fait, il n"a eu garde d'enlever à Jérôme tout espoir qu'il lui confierait un commandement : « Si vous n'êtes pas inquiété du côté de Weser, lui a-t-il écrit le 26, approcbezvous d'Artern, avec votre cavalerie, votre infanterie, votre artillerie et la division Teste... et commandez vous-même ce corps. » C'était un moyen sans doute de pousser Jérôme aux derniers efforls, mais il ne restait à Cassel que deux bataillons de la garde ; tout ce qui se trouvait de soldats dans le royaume [2" de ligne, l'"' et 3" bataillons légers et 600 cuirassiers) eût formé à peine une brigade ; et avec quoi voulait-il

à toute occasion. Le mari, sans aller jusqu'à imaginer les faits, les tourne le plus qu'il peul à la confusion du roi ; mais en cela peutêtre exerce-t-il un droit de critique qu'il tient de ses fonctions. Mais la femme allègue des faits qu'elle sait faux et les écrit à tous ses correspondants d'Allemagne — à des correspondants résidant dans les parties de l'Allemagne occupées par l'ennemi. Ainsi écrit-elle à la date du 2S avril : « Napoléon et mon mari ne vont pas à Erfurt: Napoléon, qui n'a pas revu son frère depuis la campagne dernière, a désapprouvé ce projet et lui a interdit par lettre d'y donner suite... On disait tout haut qu'Erfurt était un prétexte et que Sa Majesté quittait sa capitale sans esprit de retour. » Ne pas oublier que Reinhard. ainsi que sa femme, M"» Reimarus, étaient Allemands, avaient tous leurs intérêts en Allemagne et pensèrent, à chaque crise, à se retirer en Allemagne.

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