‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 37 sur 104 · JOSEPH. — SOULT RAPPELÉ · texte numérisé non relu

JOSEPH. — SOULT RAPPELÉ

espagnole ; la UHe du duc de Dalmatie s'exalte facilement et facilement son âmt; s'ouvre, môme à la guerre, aux pi'ojcts les plus chimériques ; n'aurait-il pas voulu d'avance détruire en moi l'homme qui, dans le plus funeste des événements, doit couvrir de son corps votre fils, mourir avant lui ou le porter sur son trône et perpétuer votre nom et voli-e ouvrage en comhaltant les factieux de toutes les classes ? Et, dans le fait, pourquoi le duc de Dalmatie n'aurait-il pas écrit directement à Votre Majesté dans un cas aussi extraordinaire ? Pourquoi n'a-t-il pas chargé un officier d'une lettre aussi importante ? Pourquoi en a-t-il envoyé plusieurs copies ? Pourciuoi a-t-il mis dans la confidence six généraux ?... »

Ainsi, pour se défaire de Soult, mentor gênant, critique redoutahle et, à l'occasion, successeur désigné, il n'hésitait pas à l'accuser de complicité avec Malet. Par là, il visait son frère au point qu'il savait le plus sensihle, l'intérêt dynastique, et il mettait sa signature royale au bas d'un rapport que le plus bas policier n'eût point endossé. Seulement, s'il était en vendetta contre Soult, il n'avait point jugé à propos de le lui déclarer : car, l'Empereur a3^ant rappelé le duc de Dalmatie, pour de tout autres motifs que ceux allégués par Joseph, lorsque le maréchal passa le 2 mars à Madrid, « suivi d'un grand nombre de fourgons portant des objets précieux qu'il rapportait d'Andalousie », le roi lui fit bonne mine et presque accueil.

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Cette querelle contre Soult et subsidiairementavec Clarke avait absorbé entièrement le roi : de plan de campagne, de projets d'opérations, il- n'en avait pas d'autres que « de conserver son quartier général dans la Castille », c'est-à-dire de continuer à résider à Madrid. Depuis le 23 décembre, il s'était endormi sur la conception que voici : « Sans négliger les principaux points de la côte et les plus rapprochés des frontières de France, avait-il écrit alors, on doit réunir autant que possible les troupes au centre de l'Espagne et les tenir prêles à se porter partout où leur présence sera nécessaire. » Conséquence : Il a «renoncé, quanta présent, au projet de secourir l'Armée de Valence et à celui de porter du secours dans le Nord, en même temps qu'il s'est tenu prêt à marcher à la rencontre de l'armée anglaise. » Les communications étaient presque interrompues avec la France ; il fallait un régiment pour escorter une lettre, encore, souvent, la lettre n'arrivait pas ; les rapports de Reille, que le roi avait en mains depuis le 22 décembre, ne pouvaient lui laisser aucun doute sur la situation « déplorable » des provinces du Nord, — sur la nécessité d'y envoyer des renforts et, tout le moins, de s'en rapprocher ; mais Joseph avait interdit qu'on bougeât un homme, « le général CafFarelli ne lui ayant adressé aucun rapport et ne lui avant point fait demander du secours, il a dû supposer qu'il était en état de tout réparer. »

Quel but poursuivait-il? Punir CafFarelli de ne point s'être rangé à ses ordres, quitte à sacrifier, pour

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