‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 40 sur 104 · JOSEPH- — L'ARMEE DU NORD · texte numérisé non relu

JOSEPH- — L'ARMEE DU NORD

Nord fût secourue dans les opérations contre les bandes et que l'Armée de Portugal détachât une ou deux divisions pour l'appuyer. Ces renforts ont en vain été demandés au général Reille par le général CalTarelli. »

Les ordres, qui venaient encore d'ètré renouvelés le i"'' mars, n'ayant reçu à cette date aucun commencement d'exécution, Clarke avait, le 12, écrit à Joseph, par ordre de l'Empereur, pour lui notifier qu'il expédiait à Reille des ordres directs ; mais il l'avait fait avec des ménagements qui prouvaient à quel j)oint il craignait l'hostilité du roi : « L'Empereur, extrèmeiiK'nt mécontent de cet état de choses, écrivait-il, renouvelle sans cesse l'injonction la plus précise de le faire cesser et j'ignore encore en ce moment si les mouvements prescrits se préparent et s'exécutent, mais je vois toujours davantage que si des ordres relatifs à cette mesure doivent partir de Madrid, cela entraînerait une grande perte de temps. Il devient donc tout à fait indispensable de s'écarter un moment de la voie ordinaire et des dispositions par lesquelles tout devrait émaner de Votre Majesté, au moins en ce (jui concerne le Nord et l'Armée de Portugal. Je prends pour cet edet le parti d'adresser directement aux généraux commandants de ces armées, les ordres d'exécution qui, dans d'autres circonstances, devraient émaner de Votre Majesté et j'ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté copie des lettres que j'ai écrites au général Reille et au général Clausel pour déterminer enlin l'arrivée des renforts absolument nécessaires

pour soumettre l'Aragon, la Navarre et la Biscaye. » De ce fait, la 2"^ division de l'Armée de Portugal avait été envoyée en Navarre, oii d'ailleurs elle avait éprouvé, durant sa marche, un échec qui prouvait à la fois Faguerrissement des bandes et l'urgence des renforts.

Mais, du fait de Joseph, à la date du 18 mars, rien n'était commencé pour l'exécution des ordres de l'Empereur ; on en a Taveu dans le passage d'une lettre de Joseph qui montre tout l'homme : « Le général Cafïarelli m'écrit quelquefois et ses lettres sont celles d'un homme qui conserve pour moi de l'attachement et de l'affection, mais nullement les rapports officiels et obhgés d'un subordonné. Aujourd'hui que l'Empereur veut que je me môle des affaires du Nord, je suis prêt. Les mouvements militaires sont près d'être achevés. »

Ainsi, parce qu'il considérait Caffarelli comme indépendant de son commandement, il le laissait écraser; il interdisait à Reille de le secourir ; il Fignorait.

Quant aux « mouvements militaires près d'être achevés », ils avaient consisté, comme il l'écrivait le l'S mars, à disposer ses troupes ainsi qu'il suit : « L'Armée du Midi à Madrid, Avila, Salamanque, Toro et Zamora; l'Armée du Centre à Ségovie et la partie de la province de Yalladolid sur la rive "gauche du Duero; FArméedu Portugal à Rio-Secco et Palencia. » Il était si loin encore d'envoyer alors le moindre secours à FArmée du Nord qu'il ajoutait : « Si les lettres de Paris ou du général Clausel me portent à envoyer l'Armée de Portugal dans le nord, de toute

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