‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 45 sur 104 · JOSEPH — ABANDON DE L'ARMÉE · texte numérisé non relu

JOSEPH — ABANDON DE L'ARMÉE

major général, sans nouvelles du roi, sans secours (le qui que ce soit ; mais Foy, qui n'a appris la défaite que par des fuyards rencontrés, soutient le 22, à Mondragone, un combat victorieux contre des Espagnols en nombre doul)le de ses soldats ; renforcé de petites garnisons et de troupes égarées (jui, faute d'ordre, ne savaient où se retirer, il forme une masse de 16 000 baïonnettes et de 400 sabres, protège le second convoi, sauve la division Maucune qui l'escorte et, le 25, à Tolosa, tient tète à deux divisions angloportugaises que Wellington a détachées contre lui; il les bat et achève sa retraite, ayant tué à l'ennemi 1 400 hommes et n'en ayant perdu que sept cents.

Clausel, à qui Joseph iuîpute sa défaite, en était resté aux ordres du 9 juin qu'il avait reçus le 15. Ces ordres n'avaient rien d'impératif et fixaient un point de réunion vers Burgos. Il y avait répondu comme on a vu et avait marché surLogrono ; mais aucun des émissaires que le roi lui avait envoyés pour le presser et l'amener à Vitoria, n'était arrivé jusqu'à lui. Il avait donc erré sur de faux avis et des indices contradictoires durant la journée du 20 et n'était arrivé à portée de Vitoria que le 21 au soir. Il y avait appris par hasard que l'armée se retirait sur Salvatiera, avait rétrogradé d'abord sur Logrono où il espérait trouver des ordres et, enfin, par une suite de marches hardies et heureuses, il avait gagné, sans être entamé, Saragosse d'abord, puis Jaën.

Joseph, durant ce temps, sans s'inquiéter davantage de ce qu'il avait laissé derrière lui, est parti d'Irurzun pour coucher à Pampelune où il a passé la journée du 24 ; l'ennemi, s'étant montré près de la place, a tiré quelques coups de canon sur un détachement laissé dehors, mais, n'ayant pas les moyens d'entamer un siège, s'est arrêté devant les murs. Le 24 à minuit, Joseph est reparti, il a couché le 25 à Lanz, a passé le 2Q dans la vallée de Bastan et a couché à Elizondo ; le 27 il est arrivé à Vera, dernier village d'Espagne sur cette frontière des Pyrénées; de là, il a écrit à Clarke. C'a été pour accuser Glausel, pour déclarer que « les trois armées sont en ligne sur la frontière », « que leurs pertes en hommes ne dépassent pas celles de l'ennemi, que « la retraite s'est exécutée heureusement. »

Ce n'est que le lendemain, 28 juin, de Saint-Jean de Luz oi^i il est heureusement arrivé, qu'il se décide enfin à écrire à l'Empereur : « Votre Majesté ayant sous les yeux les lettres et rapports qui ont été remis par le maréchal Jourdan et par moi à son ministre de la Guerre, je ne fatiguerai pas l'attention de Votre Majesté par des détails qu'elle connaît; mais il est de mon devoir de l'entretenir de l'avenir et de ne pas lui dissinmler le mal », tel est son exorde, d'où il passe à un réquisitoire en règle contre Clausel, avant d'étaler une apologie verbeuse de lui-même. Il sent fort bien que l'un des points où il est le moins excusable — en admettant qu'il ait à s'excuser de quoi que ce soit — c'est l'emploi qu'il a fait de la journée

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