‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 47 sur 104 · JOSEPH- — HYPOTHÈSES DE NAPOLÉON IH · texte numérisé non relu

JOSEPH- — HYPOTHÈSES DE NAPOLÉON IH

C'est bien à lui-nit'ine qu'il s'en prenait. « Toutes les sottises qui ont eu lien en Espagne, écrivait-il à Clarke le i'"' juillet, sont venues Je la complaisance mal entendue que j'ai eue pour le roi qui, non seulement ne sait pas commander une armée, mais encore ne sait pas assez se rendre justice pour en laisser le conmiandement à un militaire. »

Telle sera constamment sa forme de penser dès qu'il comprendra quelque chose aux affaires d'Espagne, car comme il écrit le 3 juillet : « Je ne sais si c'est une bataille (jucnous avons perdue, quelles sont les troupes (jui s'y trouvaient, ni où se trouvent aujourd'hui le roi et l'armée. » Réfléchissant, il ajoute : « Il faut avouer qu'il est difficile de comprendre de tels événements avec une armée comme celle d'Espagne. On ne peut les attribuer qu'à l'excessive ineptie du roi et de Jourdan ». Mais, cela dit, il se réserve, il ne veut se prononcer qu'après avoir lu les rapports. C'est là qu'il écrit à tous ses ministres : « J'attends avec impatience des renseignements sur l'Armée d'Espagne. »

A Paris, Cambacérès et Clarke qui savent par expérience qu'entre les deux frères les brouilles ne

les plus alTectueuses », alors qu'on a vu à quel ton, dès le mois de lévrier, était montée la correspondance. — 11 dit que Clarke « avait eu le courage, après le désastre de Vitoria, d'écrire à Joseph qu'il aurait dû avoir 90 000 homrties »; Clarke était pourtant en droit de l'écrire, puisque l'ordonnateur en chef accusait 90 090 rationnaircs ; le ministre de la Guerre devait-il penser (lUC Joseph faisait distribuer sur les n)agasins fran(;ais i.oOOO rations à des Espagnols? ilfaudrait un volume entier pour établir à quel degré l'on a pu fausser l'hisloire, au prolit de Joseph et contre l'Empereur.

sont jamais de longue durée et qu'il est préférable de ne point y être mêlé, ont combiné leurs efforts pour adoucir, dans la mesure du possible, au moins par des formes bien choisies, les ordres qu'il ne leur est pas permis d'éluder. Cambacérèsa convoqué aussitôt Rœderer et l'a invité à partir sur-le-champ : Rœderer préparera le roi à remettre sans éclat le commandement des armées au duc de Dalmatie, à demeurer, si les circonstances le permettent, à Pampelune ou à Saint-Sébastien, et, en tout cas, à ne pas dépasser Bavonne. Rœderer devancera d'une heure ou deux le chef de bataillon Verdun qui remettra au roi une lettre du ministre de la Guerre. Cette lettre, la plus modérée, la plus adulatrice même, contraste étrangement avec celles que Clarke adressait récemment à Joseph, et l'on peut bien penser qu'elle a été dictée par Farchichancelier. Clarke écrit donc : « En apprenant ces nouvelles, l'Empereur a pensé qu'il serait impolitique et fâcheux, pour un prince de son sang, de continuer à être en quelque sorte responsable aux yeux de la France des événements que la bataille du 21 juin peut amener à sa suite; Sa Majesté a cru qu'il convenait, à la gloire de Votre Majesté, à l'intérêt de la Famille impériale et à la circonstance actuelle, de confier le commandement de ses armées eti Espagne et sur les Pyrénées, à un maréchal d'Empire qu'elle a revêtu de la qualité de son lieutenant général. En approfondissant les motifs de l'Empereur, Votre Majesté ne manquera pas sans doute d'apercevoir que le premier de tous prend sa source dans l'attache-

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