CONSÉQUENCES DE VITORIA
sur la route de Mont-de-Marsan, où il prend la poste; il traverse Bordeaux, où il est reconnu au passage par des Espagnols, et, arrivé aux bords de la rivière, il « se dérobe aux vivats de la multitude » en se jetant dans un bateau qui le mène à la Bastide, durant qu'on embarque sa voiture sur le bac. De là, par Périgueux, Limoges et Orléans, il fait route, précédé d'un seul courrier, jusqu'à la Croix deBerny. Malgré la défense qui lui a été faite d'entrer à Paris, il veut éviter le détour et traite avec le maître de poste qui le conduit directement à Saint-Denis, sans relayer; le 30 juillet, à cinq heures du matin, il est à Mortefontaine.
Vitoria n'a point déterminé Técliec des négociations avec l'Europe; elles n'ont été qu'un leurre tendu à Napoléon; mais l'anéantissement des armées d'Espagne, dont on se plaît à répandre le bruit, encourage les alliés à pousser leur pointe. L'Empereur ne sait pas tout le profit qu'ils ont tiré de l'armistice, mais ce qu'il voit suffit. Bernadotte et 31oreau, des rangs de l'ennemi, provoquent la défection et la guerre civile ; d'autres, leurs complices, ont, dès la première rencontre avec les plénipotentiaires russes, indiqué les points vulnérables de l'armée et livré contre elle un plan d'attaque; travaillant l'opinion, sous prétexte que seuls ils veulent résolument la paix et que seuls ils sont capables de l'imposer à