‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 54 sur 104 · JEROME — LES COSAQUES DEVANT CASSEL · texte numérisé non relu

JEROME — LES COSAQUES DEVANT CASSEL

corps qui a été formé à Wurtzbourg, a été chargé de couvrir les derrières de la Grande Armée, Jérôme n'aurait à espérer aucun secours, n'était une colonne de marche de 3 000 fantassins et de cinq à six cents clievaux, qui, sous les ordres du général Rigaud, s'apprête à escorter jusqu'à Erfurt un convoi de munilions et attend pour partir les ordres du duc de Valmy . Le 25, le roi écrit à Kellermann pour lui demander de mettre cette colonne en route et de la diriger sur Cassel au lieu d'Erfurt.

Czornilchefî a marché le 2i à Eislehen, le 25 à Rosla; le 26, pour éviter Bastineller, il s'est jeté de côté et, par Sondershausen, il est arrivé le môme soir à Muliiauscn, trouvant partout des guides complaisants. Sur la nouvelle de l'arrivée des Russes à Mulhausen, le roi donne à Bastineller l'ordre de se replier pour couvrir la grand'route de Francfort ; mais l'ennemi déhorde Bastineller et fait filer sur Cassel huit cents cavaliers et quatre canons : ordre à Bastineller de rentrer immédiatement à Cassel; courrier sur courrier au duc de Yalmy; panique à la cour et dans la ville.

Le 28, à quatre heures du matin, un gendarme arrive, annonçant que les Cosaques sont à Ilelsa, première poste sur la route de Cassel à Eisenach et qu'ils viennent d'enlever un courrier. Aussitôt, un exprès est expédié par Reinhard à Hédouville, ministre à Francfort ; un à Augereau que Jérôme croit toujours à Wurtzbourg; un à Kellermann. On n'a de nouvelles ni de Zandt. ni de Bastineller. Il va

donc falloir partir. Le roi fait charger les équipages, nomme AUix commandant en chef et lui confie la défense. Une reconnaissance de vingt-cinq hussards et de deux compagnies de chasseurs, hasardée dans le brouillard, est ramenée assez rudement sur la porte de Leipzig qui ferme le faubourg au delà de la Fulde. Deux canons qui y sont placés arrêtent l'ennemi assez de temps pour qu'on barricade le pont, mais c'est une demi-heure. Les Russes avancent, s'emparent du fauboug, ouvrent la prison d'Etat, mettent en liberté les prisonniers. Pour défendre le pont, on n'a que des hussards non équipés, ne sachant pas monter à cheval auxquels on a distribué des fusils, mais qui tiennent.

Le roi, cependant, a déjeuné de bon appétit. Il monte à cheval et, à huit heures, sur la place du Vieux Château, il annonce le départ. Un convoi, avec les Favorites, les bagages du roi qu'escortent des hussards, puis la file immense des voitures des Français employés, a pris la route de Hollande qui est libre, par Werbourg, Kleinenberg, Paderborn et Munster. Un autre convoi suivra le roi : une voiture du corps, trois ou quatre autres, le reste canons et caissons sous une escorte de hussards. On vient annoncer que quatre cents Cosaques ont passé la Fulde à gué et viennent sur la porte et la route de Francfort. Jérôme à cheval sort de la ville par cette porte, avec ses généraux et ses ministres, laissant à Allix, pour défendre Cassel, deux compagnies d'infanterie de sa garde et les hussards non montés. Lui-même emmène

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