‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 55 sur 104 · JÉRÔME. — SON DÉPART · texte numérisé non relu

JÉRÔME. — SON DÉPART

ses gardes du corps, les deux escadrons de Imssards et le bataillon de grenadiers. Les grenadiers longent la rivière pour occuper le gué, tandis que le second escadron de hussards charge les Cosaques en lôte et que les gardes du corps les tournent sur leur droite. Au gué, qu'ils regagnent en hâte, les Cosaques sont reçus parle feu des grenadiers ; et, là dessus, le gros de l'ennemi qui occupait le faubourg, craignant d'être pris à dos, si les Westphaliens passaient le gué à leur tour, cesse le feu contre le pont et va s'établir à une demi-lieue de la ville.

Il n'y avait qu'à pousser. Jérôme « est bien loin de vouloir le faire, étant convaincu que cette avant-garde allait être fortement soutenue » ; il ne veut pas davantage rentrer à Cassel, quoique AUix, considérant la partie comme gagnée, lui ait envoyé une estafette pour l'engager à rebrousser chemin ; il s'arrête seulement, de dix heures à trois heures, à peu de distance de la ville, espérant constamment voir paraître les colonnes de Zandt et de Bastineller; à trois heures, sur un bruit que les Cosaques, longeant la Fulde, peuvent arriver avant lui à ^Yabern, et lui couper la route par laquelle il espère la coloime de secours du général Rigaud, il part et va d'un trait jusqu'à Jesberg où, à dix heures du soir, il reçoit une lettre de Kellermann, lui répondant qu'il ne saurait, sans un ordre de l'Empereur, détourner la colonne du général Rigaud.

Jérôme alors ne s'arrête môme pas à Marbourg « où, dit-il, l'esprit est trop mauvais et où la défection

se mettrait parmi le peu de troupes qui lui restent ». Par une étrang-e contradiction, il y laisse pourtant ses troupes, avec le général Danloup-Verdun, chargé d'arrêter la colonne, de rallier Bastineller, de recevoir les renforts français et, s'il est possible, de rétrograder sur Cassel ; quant à lui, il sort du royaume, et va coucher à Wetzlar, d'où il gagnera Coblentz, « mais il ne passera pas le Rhin avant de connaître les intentions de l'Empereur ».

Bastineller ne sera pas d'un grand secours ; arrivé le 28 au soir, avec sa troupe, à quatre lieues de Cassel, il lui reste au matin huit cuirassiers et la moitié des officiers du 3® léger, avec quoi il arrive à Hersfeld : tout son monde a déserté. Quant à Zandt, il rentre dans Cassel, le 29 au matin, avec ses deux cents hussards et une centaine de chasseurs à pied de la garde royale, lesquels se débandent à l'arrivée en ville.

C'est donc avec les hussards seuls, les deux cents de Zandt et les non montés qu'on lui a laissés, qu'AUix doit défendre Cassel. Il ramène le pont de bateaux, barricade solidement le pont de pierre, place les Westphaliens qui lui restent aux points les moins menacés, réserve les hussards pour l'attaque principale et attend, espérant que Kellermann va enfin le délivrer.

Czernitcheff, qui a perdu la journée du 29 à chercher Bastineller dont les troupes se sont débandées, revient le 30 à midi devant Cassel, avec sa troupe, grossie de trois cents déserteurs westphaliens

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