‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 59 sur 104 · JEROME- — NOUVELLE DE LEIPZIG · texte numérisé non relu

JEROME- — NOUVELLE DE LEIPZIG

Le 24 arrive le colonel Lallomand, de l'état-major (lu roi. Il a laissé le 18 l'Empereur sortant de Leipzig avec la Garde ; il a assisté à une partie de la retraite; à Gotha, il a eu g-rand peine à se dérober aux Cosaques. D'abord, le roi écrit qu'il attendra les ordres de l'Empereur avant de se retirer à Marbourg; toutefois avec cette réserve qu'il prévoit «. qu'il sera forcé de le faire plus tôt ». En effet le lendemain 25, sans avoir rien reçu de l'Empereur, ni même de Murât qu'il sait arrivé à Vach et auquel il a demandé « ce qui en est et s'il doit se replier », Jérôme, « soit à cause des inconvénients de la guerre, soit à cause dos embarras de l'administration auxquels il ne peut remédier », se décide à partir. Mais cette retraite doit être militaire; il faut qu'on pense qu'elle a été périlleuse. Ce ne sera donc pas la route de poste que prendra le roi, mais la route directe de Cologne ou Ousseldorff par les montagnes, passant à Arolsen, Paderborn et Lippstadt, et il ira à cheval avec ses troupes. D'ailleurs, la route de poste est si bien libre (|u'il engage Reinhard à la prendre et comme elle traverse NYaldeck, il le charge de dire au prince de W'aldeck « qu'il désire être reçu sans cérémonie et de pouvoir être à Arolsen comme chez lui » — à quoi le prince Georges n'a garde de faire des objections.

Le 26, à Cassel, on prétend entendre le canon; le roi, qui dit avoir reçu de Sébastiani, par Wolff, son capitaine des gardes, l'avis « qu'il ne devait pas perdre de temps pour faire son mouvement de retraite »,

monte à cheval à six heures du soir et prend la tête des troupes françaises qu'il a désignées pour l'escorter : un bataillon du 51% le bataillon de marche de la Garde, un demi-régiment de gardes d'honneur, une compagnie de cuirassiers et une de dragons, à quoi s'ajoutent environ cent gardes du corps westphaliens. Pour donner l'illusion qu'il court de grands risques et la prendre peut-être lui-même, il engage son escorte dans des chemins impraticables, avec des marches de neuf à dix lieues, éreintantson infanterie si bien que, à Hagen, où il arrive le 30, après étapes à Arolsen, Bridsow, Arensberg et Iserlohn, elle ne peut suivre.

A Cassel, durant ce temps, tout est tranquille. L'on n'a point de nouvelles de l'ennemi. Toutefois le roi a voulu se persuader que le général Rigaud avait évacué la ville. « Sa 3Iajesté craint qu'il se soit trop pressé ! » Sans doute il s'en faut que, comme l'annonce le Journal de Paris, sur la foi d'une correspondance datée du 29 octobre, l'on n'y songe qu'à Euphrosine , opéra de M. Méhul qui fut représenté ces derniers temps au théâtre de la ville, et le théâtre de la Cour semble bien avoir fait relâche après la Princesse de Cachemire, opéra de M. Blangini, où l'on a admiré surtout « la gondole dans laquelle la princesse traverse la mer et une belle vue de la ville de Cachemire ». Mais Rigaud est à son poste et il y reste.

Le roi, qui est toujours commandant en chef des 8000 hommes dont il a sollicité le secours et réclamé le commandement et dont il a distrait son escorte,

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