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que la reine en use comme d'un terrain commun, traverse le parc à toute heure, sans entrer au château pour prendre, en Tahsence de Marie-Louise qui est à Mayence, des nouvelles du petit Roi. Passe encore pour le Bas parc, mais c'est tout de même dans le Petit parc, et lorsque, une fois, le 1" août, elle s'arrête pour voirie Roi, c'est à l'heure de sa promenade qu'on doit interrompre tout exprès.
Après le 15 août, où la reine assiste aux cérémonies du jour, de nouveau, voyage à Mortefontaine. Cela non plus n'est pas pour plaire. Sans doute l'Empereur n'a pas prohibé que Joseph la reçût, mais il ne l'a point nommée parmi les personnes qu'il pouvait recevoir, et ce groupement de souverains détrônés et mécontents doit l'offusquer; Catherine n'en a cure. Elle prend ses habitudes à Mortefontaine ; on y est gai, on y voit du monde, on peclie, on chasse, on déjeune dans les fabriques du parc, tout comme on faisait à Napoléonshuhe et à Catharinenthaï. La société même, si étrangement mêlée, et où elle amène encore à sa suite un élément d'étrangeté, car, partout où elle se déplace, c'est avec toute sa cour, a des façons cosmopolites qui amusent. Le contraste en est rendu plus grand avec' la « triste solitude )) de Meudon, « devenue plus triste encore parle temps froid et pluvieux qu'il y fait » ; aussi, n'at-elle qu'une idée, retourner à Mortefontaine où, gentiment, Joseph l'attire « avec qui elle voudra », avec (( liberté entière pour ses promenades du matin et ses courses à cheval ». Et comme Catherine est à
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la recherche d'une terre qui serait à elle et où elle sinslallerait plus à son goût qu'à JMeudon, Joseph lui demande « un jour pour aller jusqu'au IMessis et peut-être jusqu'à une campagne beaucoup plus susceptible de rivaliser un jour avec Ermenonville » qui l'avait enthousiasmée, mais que M. de Girardin ne voulait pas vendre.
Ce séjour de la reine à Mortefontaine est agréable à tout le monde. « Malgré les tristes circonstances où nous nous trouvions, dit Miot, sa présence jeta quelque charme parmi nous. Elle était belle et aimable. Elle cherchait à plaire et y réussissait. » Pourtant, au milieu des divertissements qu'on lui ofh'ait, des visites qu'elle faisait autour de Mortefontaine, car, sur les indications de Jérôme, elle ne cessait de s'occuper de la terre qu'il voulait acheter, elle recevait de tristes nouvelles de Cassel, et, craignant d'en apprendre qui fussent pires, elle vivait au jour le jour. « Dieu veuille que cette triste position linisse bientôt, elle est cruelle, affreuse pour tout le monde, » écrivait-elle à Madame le 24 septembre, et, le 20, à son père : « Je suis, en attendant, toujours à Mortefontaine où l'amitié qu'on me témoigne m'aide à supporter mes peines. »
A sa rentrée à Meudon, elle apprend la première évacuation de Cassel, le départ du roi, « obligé, ditelle, de faire sa retraite avec un habit sur le corps ». Cela l'exaspère contre l'Empereur. « Si, depuis la reprise des hostilités, écrit-elle à son père, il eiàt voulu accorder des forces suffisantes au roi (jui le lui avait
demandé à Dresde, celui-ci ne se serait pas trouvé dans le cas d'abandonner son royaume. Le roi, depuis longtemps, a prédit à l'Empereur tout ce qui vient d'arriver et lui a fait connaître le mauvais esprit qui règne dans le pays et qui a fait de cette guerre une guerre d'opinion et de fanatisme, ce malheureux peuple ayant été exaspéré par la manière dont le Gouvernement français Ta traité. »
Cette animosité qui la domine n'est point passagère : c'est l'Empereur qui est coupable de tous les maux qui ont accablé la Westphalie, de toutes les injustices qu'a subies le roi, de toutes les disgrâces dont elle-même fut l'objet. Le roi a fait à son frère tous les sacrifices, il a couru des dangers qui font frémir et « on cherchait à répandre le bruit dans le public qu'une terreur panique avait fait abandonner Cassel » ! Ayant occasion d'écrire sans craindre les indiscrets, elle vide sa poche à fiel ; elle reprend depuis son départ que l'Empereur, dit-elle^ avait ordonné ; elle raconte le message qu'elle a reçu en chemin, l'arrêt auquel elle fut contrainte à Compiègne, l'invitation qui l'appela à Trianon, la disposition qui la confina dans ce « séjour inhabitable » de Meudon. L'Empereur a refusé qu'elle accompagnât l'Impératrice à Mayence, oii le roi aurait pu venir. Elle lui a écrit de nouveau « pour le supplier de lui accorder une maison à Paris puisque sa santé souffrait de ce séjour-ci », il ne lui a pas répondu. « Je me trouvais par là, explique-t-elle, dans la nécessité de passer l'hiver ici, ce qui est impraticable, et si les circons-