JOSEPH. — REPONSE DE NAPOLKON
tence d'un fils en (jui coule un sang- doublement impérial et doublement royal, qu'il n'a rien à redouter du rétablissement d'un Bourbon sur un trône, au moins appauvri, ni de sa domination sur un jx'uple dont les intérêts sont d'accortl avec ceux de la France. Il regarde l'abandon de l'Espagne comme la volonté véritable de la Nation française qu'il disting^ue des clameurs des oisifs de la capitale . L'Empereur regarde une renonciation pure et simple au trône d'Espagne qui serait remise par son frère entre ses mains comme le gage le plus signalé de son amour pour la France et de son aiïeclion pour lui. El connue Rœderer énonce que : « Si le roi était bien convaincu que la situation de la France et la ferme volonté des Alliés fissent dépendre la paix de sa renonciation à l'Espagne, il la fei'ait, mais que, s'il pouvait convenir à sa situation et à la politique de l'Empereur que Joseph assistât comme plénipotentiaire à un congrès de pacification, il s'honorerait de faire son sacrifice », l'Empereur répond : « Si le roi avait questionné le premier militaire qui lui a lombé sous la main et s'était bien pénétré des faits qui sont dans les gazettes, il m'aurait déjà envoyé sa renonciation. » Quant aux prétentions diplomatiques de Joseph, il les passe. Bon cela, quand on était victorieux, mais on ne saurait à présent, comme à Lunéville, à Amiens, à Paris, lors du Concordat, choisir pour négocier celui auquel jadis on confiait tout juste le soin de signer et de recevoir les présents. Sur les questions d'étiquette, l'Empereur qui, dit-il « s'est conformé strictement à l'ancienne viii. 17
étiquette de France », ne se rendra pas intraitable, mais où il Test — et les circonstances bien plus que lui-même — c'est sur l'article des compensations. « Quant à des indemnités en Italie, s'écrie-t-il, où les prendre? Puis-je ôter à Murât son royaume? C'est à peine si je puis le rappeler à ses devoirs envers la France et envers moi ! Comment serais-je obéi si j'allais lui demander de descendre du trône au profit de Joseph? Quant aux États romains, je serai obligé de les rendre au Pape et j'y suis décidé. Quant à la Toscane, qui est à Élisa, quant au Piémont qui est à la France, quant à la Lombardie, où Eugène a tant de peine à se maintenir, puis-je savoir ce qu'on m'en laissera? Sais-jë même si on m'en laissera quelque chose? Pour garder la France avec ses limites naturelles, il me faudra remporter bien des victoires; pour obtenir quelque chose au delà des Alpes, il m'en faudrait remporter bien plus encore ! Et, si on me laissait un territoire en Italie, pourrais-je, pour Joseph, l'ôter à Eugène, ce fils si dévoué, si brave, qui a passé sa vie au feu pour moi et pour la France et qui ne m'a jamais donné un seul sujet de plainte? Où donc Joseph veut-il que je prenne des indemnités? Il n'a qu'un rôle, un seul, celui d'être un frère fidèle, un solide appui de ma femme et de mon fils si je suis absent, plus solide si je suis mort, et de contribuer à sauver le trône de France, seule ressource désormais des Bonaparte. Il sera prince français, traité comme mon fière, comme l'oncle de mon fils, partageant par conséquent tous les honneurs impériaux. S'il agit