‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 77 sur 104 · JOSEIMI- — LE ROI CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

JOSEIMI- — LE ROI CATHOLIQUE

ainsi, il aura ma faveur, l'ostiine publique, une situalion grande encore et il contribuera à sauver notre existence à tous. S'il s'agite au contraire, et il en est bien capable, car il ne sait supporter ni le travail ni l'oisiveté, il sera arrêté et ira finir son règne à Vincennes. S'il le fait après ma mort, Dieu décidera! Mais, probablement, il contrii)uera à renverser le trône de mon fils, le seul auprès duquel il puisse trouver la dignité, l'aisance et un reste de grandeur. » Se résumant, l'Empereur pose nettement l'alternative : Ou Josepli sera, à Paris et à la Cour, sur le pied de prince français, ou il se retirera pour vivre en simple particulier à quarante lieues de Paris.

• Telle est l'obstination de Joseph dans ses chimères ambitieuses, tel son aveuglement sur la situation véritable de la France et des Bonaparte, qu'il n'accepte ni l'un ni l'autre, s'obstine à rester roi, roi catholique, roi des Espagnes et des Indes. Il y a encore des pourparlers, durant ce mois de décembre. JuHe s'entremet, fait des visites à l'Empereur, lui mène ses filb's, l'assure des bonnes dispositions de son mari, peut-être lui porte encore une lettre. Rœderer va et vient des Tuileries à Morlefontaine sans rien obtenir. On prétend qu'un matin il arriva avec le refus définitif de Joseph au moment oia Napoléon, tout en déjeunant jouait avec son fils. « Le malheureux, il veut régner, dit l'Empereur; il ne voit pas que cet enfant ne régnera pas plus que lui. »

Il fallait pourtant finir avec les Espagnols. « Ils se passeraient bien, avait dit l'Empereur de la signature du roi Joseph pour remettre Ferdinand sur le trône. » Le 11 décembre le traité fut conclu à Valençay par le duc de San Carlos au nom des princes d'Espagne et La Forest au nom de l'Empereur. Le mariage du prince avec Zénaïde n'y avait point été formellement inséré. Le prince avait affirmé seulement qu'il n'en contracterait pas d'autre s'il était libre, mais il avait ajouté que c'était une chose dont il n'était possible de parler qu'à Madrid. Cela renvoyait un peu loin, mais que faire? On ne pouvait insister sur le mariage de la fille sans l'aveu du père, qui, étant le seul roi catholique, ne pouvait se soucier pour gendre de son rival et remplaçant; quant à l'avenir, même Ferdi-* nand étant de bonne foi, n'était-on pas en droit de douter que le traité fût agréé par les Cortès, que le prince, revenant de France, fût autant populaire que prisonnier en France et que, pour des causes à l'infini, son règne fût plus calme que celui du roi intrus? L'infante Zénaïde, qui n'avait point connu les royaumes du roi son père, ne devait pas davantage régner sur les Espagnes. Elle voyait pourtant la cour espagnole à Mortefontaine. L'Empereur en effet p'avait pas poussé à bout ses menaces et, las de mener, en même temps que contre l'Europe, la guerre contre ses frères, il avait laissé à Joseph les joies, à présent presque inoffensives, de sa royauté in partibus

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