‹ Napoleon et sa famille (volume 3)Chapitre 78 sur 104 · LOUIS. — SA VIE EN · texte numérisé non relu

LOUIS. — SA VIE EN

Ce n'est point assez (jue le roi d'Espagne et le roi (le Wesiplialie, voici le roi de Hollande. Joseph et Jérôme sont ridicnles, réclamant en France, à défaut de leurs couronnes, les hoiuieurs royaux, mais au moins pourraient-ils alléguer qu'ils ne les ont jamais abdiquées et que, momentanément privés de l'exercice de leur souveraineté, ils ne peuvent, sans manifester un doute au sujet de la fortune de l'Empereur, abanilonner des droits que l'Empereur leur a conférés ; Louis, xo'u'À trois ans révolus, a volontairement signé son abdication et abandonné son trône : or, dès que l'Empereur éprouve des revers, Louis retire sa signature et réclame sa couronne. Il a employé à cet usag'e l'année 1813 entière, du i"'' janvier au 31 décembre, et son activité politique en a été dévcdoppée au point qu'elle semble avoir atténué, cette année-là, la plupart des délires qui, pour l'ordinaire, se partag-ent son cerveau. Ce délire-ci, étant le plus fort, 'couvre les autres.

Le 1" janvier, il a adressé de Gratz à son frère Napoléon, sous le couvert de Madame et par le canal de l'ambassade de France à Vienne, la lettre la plus extraordinaire qu'on put lire. « Profondément afiligé, a-t-il écrit, des souffrances et des pertes de la Grande Armée après des succès qui ont porté les armes françaises jusqu'au pôle, pouvantaisément juger combien vous êtes pressé, combien il est urgent de

réunir tous les moyens de défense possibles, au moment enfin où une lutte terrible va continuer et se prépare encore plus furieuse, convaincu qu'il n'y eut jamais pour la France, pour votre nom, pour vous, de moment plus critique, je viens, Sire, offrir au pays dans lequel je suis né, à vous, à mon nom, le peu de santé qui me reste et tous les services dont je suis capable, pourvu que je puisse le faire avec lionneur, » Yoilà qui va bien et l'on est tenté tout aussitôt d'e n porter louange à Louis, mais comment entend-il se consacrer à la France"? « Sire, dit-il, j'appartiens à la Hollande à laquelle vous m'avez donné vous-même malgré moi. Je n'ai quitté mon royaume qu'après avoir résisté à ma position autant qu'il était bumainement possible à un homme né Français et votre frère. Aujourd'hui, la Hollande et les affaires du commerce deviennent d'une importance secondaire; il est possible qu'il soit dans votre intention de ram3ner à vous votre frère et qu'il vous importe de vous assurer la Hollande par elle-même. Dans ce cas, Sire, veuillez rétablir un royaume qui fut votre ouvrage et je suis tout prêt à faire tous mes efforts pour aider la France et Votre Majesté dans la grande lutte qui sans doute va continuer plus ardemment que jamais. >)

Telle est la forme des services qu'il s'est proposé de rendre à l'Empereur. Avant mèmu d'avoir reçu une réponse, Louis a communiqué les motifs qui l'ont fait agir au comte de Bissingen, gouv^erneur de Styrie, pour qu'il les rapportât à l'empereur d'Autriche et,

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