PAULINE. — LE BUDGET DE
et, en général, on mettra le plus d'économie possible. Ce voyage me ruine de toutes les manières. » Et elle signifie d'un ton bref qu'elle entend que ses ordres soient exécutés à la lettre et qu'elle ne souffrira pas la moindre observation. Même note à Decazes qui est décidément son bomme de confiance, et qui, de droit, simplement membre de son Conseil, est en fait Tadministrateur de sa maison, le contrôleur général,^ au-dessus de David et de Micbelot. Elle lui écrit : « Je renvoie mon budget avec mes réductions. Elle sont considérables, mais les dépenses excessives que je fais ici me forcent à être très économe pour celles que je fais à Paris. » En effet, par rapport au budget de 1812, la toilette et l'écurie mises à part, la réduction est de 108 000 francs, 45 000 sur la bouche, la chambre et l'antichambre; IÎjOOO francs sur l'entretien du palais de Paris, 20 000 francs sur N^euilly, 24 000 francs sur le fond de réserve; mais le chapitre des Dépenses diverses, voyages et fantaisies, saute de 98 000 à l.joOOO. Par là, ce qui est pris sur la dépense normale s'élève en réalité à 163 000 francs. Quanta l'écurie, au lieu de 100 000 francs en 1812, la princesse ne passe que 72 000 francs, et elle la diminue à vingt-six chevaux. Les livrées seront serrées, de façon qu'au retour, elles aillent trois mois de plus.
Sans doute les frais de maladie ont coûté cher ! Pour avoir à Aix six semaines Buzzini, le médecin de Genève, on lui a donné 30000 francs. Pour décider
Peyre, le premier médecin, à venir consulter, on l'a gratifié impérialement ; à présent, c'est 10 000 francs par an que la princesse paye le docteur Espiaud qu'elle a attaché à sa personne et qui bientôt jouera dans la petite cour un rôle majeur. Mais ce ne sont en réalité ni les médecins ni les voyages qui obèrent, bien plutôt les bijoutiers : d'abord Friese pour 28 000 francs, Picot pour lo 000, Devoix pour presque autant; surtout il y a un collier de brillants de 220 000 francs au moins que la princesse veut acheter; enfin, elle écrit à Decazes : <( Je vous prierai aussi de voir, mais bien en sous-main, s'il y avait une bonne occasion d'avoir deux rangs de belles perles, de chacun 50 000 francs. Je paierais cela sur les économies que je fais sur ma toilette. Cela n'a rien de commun avec le collier. Je viens de m'apercevoir que les miennes sont importables par la raison que M™* de Saluées les a mises et laissé tomber et qu'elles sont cassées. » Et, en même temps qu'elle liarde sur chacun, elle revient à toute lettre sur les 220 000 francs qu'elle a fait offrir du collier de brillants, 60 000 comptant, le reste par mois, sur les belles perles qu'il lui faut. « On peut consulter Madame » sur leur qualité, « mais cela bien secret ».
Fantaisie et caprice, sembJe-t-il : prévoyance et sagesse peut-être. N'est-ce pas un placement qu'elle fait? N'est-ce pas une fortune mobilière qu'elle crée? Les diamants et les perles sont, sous le plus petit volume, les valeurs les plus précieuses et le plus facilement transportables. Au cas oi^i Pauline pen-