PAULINE. — PLAINTES DES GENS RENVOYÉS
serait à Favenii', ce qui n'est guère probable, ne serait-elle pas bien inspirée ? Mais ce n'est point qu'elle raisonne, c'est qu'elle obéit au goût qu'elle a (le se parer, fut-ce uniquement pour elle-même.
De telles réductions dans ses dépenses ne sauraient passer inaperçues ; des gens renvoyés se plaignent; un frotleur et un marinier s'adressent à Duroc pour être replacés dans la Maison de l'Empereur; Duroc fait venir l'intendant, lui parle de ces individus, dont un surtout a été à Neuilly, neuf années durant, au service de Caroline, puis de l'Empereur. Il dit qu'il regrette de ne pouvoir le prendre, mais qu'il est obligé de réserver toutes les places « pour des malheureux revenant de Russie qui, quoiqu'ayant perdu un doigt peuvent encore faire l'office de valets de pied ou de frotteurs ». Michelot s'inquiète : « Il faut croire que M. le duc de Frioul a eu de puissants motifs pour se détourner un instant de ses grandes occupations et m'entretenir des personnes réformées à Neuilly. » Yoilà Pauline qui s'affole. Déjà, comme elle n'a pas mauvais cœur, le 5 février, tout en réitérant SCS ordres de renvoyer une partie des domestiques, elle a écrit en post-scriptum, sans souci de se contredire : « Il faudra sans doute payer aux gens qu'on renvoie trois à quatre mois de gages, mais on les prendra sur les autres articles », et, en second post-scriptum : « On pourrait faire une somme de 3 000 francs pour gratification aux gens renvoyés »; lorsque arrive une lettre directement écrite à M""" de
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Cavour par Duroc qui a jugé le mauvais effet sur Topinion d'une telle réduction des Maisons princiëres, Pauline, commence par nier : elle n'a réformé personne que quelques gens de l'écurie et de la cuisine, ici parce qu'il y avait trop d'aides, là parce qu'il y avait moins de chevaux, mais elle n'a pas entendu que l'intendant renvoyât les gens de service de Neuilly, ni les valets de pied de Paris. Duroc précise. Pauline ordonne alors qu'on loge le marinier à Neuilly et qu'on l'emploie quelque part « jusqu'à ce qu'on ait trouvé l'occasion de le placer chez Madame ou chez la reine de Westphalie qui se forme une maison » . M""^ de Cavour doit écrire au grand maréchal que l'affaire est arrangée. Mais le marinier continue à réclamer : on passera donc par ce qu'il veut, on le rétablira dans son ancienne place, parce que d'abord Son Altesse désire que Duroc n'ait plus à intervenir — car Duroc ici c'est l'Empereur, — et, s'il y a de la pohtique dans cette sollicitude pour les humbles, il y a aussi de la justice.
Au milieu de ces tracasseries, on s'est disposé à quitter Hyères, « car l'humidité qu'il y fait à cause des marais dont elle est entourée est co.ntraire au rétablissement de Son Altesse ». Le 7 février, on s'embarque pour Nice où l'on arrive le 8 : la princesse n'a pas trop souffert de la traversée ; elle espère tout à présent du climat pour sa santé: mais, aux premiers jours, on n'aperçoit guère d'amélioration à son caractère. « En tout, sa maladie la rend fort irri-