TENTATIVES PACIFIQUES DE NAPOLEON
crelle-mènie ; toute nation appartient à son souverain qui en est maître et à l'Europe chargée d'appliquer l'exécution de cette loi nouvelle ; ainsi tous les principes que la Révolution avait proclamés : Souveraineté du I^euple et Indépendance nationale, sont compromis s'il tombe, sauvés s'il triomphe. La doctrine de la Sainte-Alliance est ici exprimée • intégralement : l'oppression des peuples dépend de la victoire ou de la défaite de Napoléon.
Napoléon, assure-t-on, n'avait pas pris tout à fait au sérieux cette excommunication majeure prononcée au moment où l'on ne connaissait que son débarquement, où le Congrès se ilatlait que « la France entière ralliée autour de son souverain légitime, ferait incessamment rentrer dans le néant cette dernière tentative d'un délire criminel et impuissant ». Il imaginait que, voyant tous les Français se prononcer contre les Bourbons, les souverains seraient tentés de réfléchir et que peutêtre ils reviendraient à la combinaison de la régence qu'il s'efforçait de leur suggérer et dont il témoignait n'être point éloigné.
De tous côtés il pousse des reconnaissances, il tente des ouvertures, il s'efforce à présenter des garanties, et il proteste de la passion qu'il éprouve pour la paix. Par son ordre, le 3o mars, M. le duc de Vicence, adresse aux agents français à l'étranger une circulaire, où, après avoir raconté en termes dithyrambiques la révolution du 20 mars, il ajoute : « Si, au moment de quitter la cour
auprès de laquelle vous résidez, vous avez occasion de voir le ministre des Affaires Etrangères, vous lui ferez connaître que l'Empereur n'a rien de plus à cœur que le maintien de la paix ; que Sa Majesté a renoncé aux projets de grandeur qu'elle pouvait avoir antérieurement conçu et que le système de son cabinet, comme l'ensemble de la direction des affaires en France, est dans une tout autre direction. » Par son ordre, le 2 avril, une commission composée des présidents de section du Conseil d'Etat, Defermon, Regnaud de Saint- Jean-d'Angély , Boulay, Andréossy, publie une réfutation de la Déclaration du i3 mars ; elle en attribue la rédaction exclusivement aux plénipotentiaires français ; elle prouve que chacun des articles de la Convention de Fontainebleau a été violé par les Bourbons et par les Alliés, et que Napoléon n'avait d'autre moyen de salut que de sortir de son île; elle peint la Restauration et son gouvernement sous les couleurs les plus noires; dans un style de pamphlet, elle réclame pour la France le droit de disposer d'elle-même, et elle termine par l'affirmation, en même temps des intentions pacifiques de la France, et de sa résolution de se défendre comme en 92, si elle était attaquée « par une injuste coalition » ; à coup sûr, rien déplus convainquant et de plus raisonnable, mais n'étaitce pas mettre en présence une fois de plus ces termes inconciliables : légitimité et droit d'intervention d'une part, souveraineté du peuple et droit