‹ Napoleon et sa famille (volume 4)Chapitre 101 sur 106 · NAPOLEON II · texte numérisé non relu

NAPOLEON II

l'Autriche avail la garde .' Son palriotisnie l'élevait à cette hauteur, de préférer les Bourbons, « (jui au moins n'étaient point sous la férule autrichienne ». Sur une observation de Maret, on biffa le nom des princes ((ue l'Empereur avait placés avec les ministres dans le Conseil de gouvernement. Maret dit qu'on exigerait peut-être encore leur renonciation à la couronne. « Comment, de mes frères ? dit l'Empereur. Ah ! Maret, vous voulez donc nous déshonorer tous!... »

Fouché, Gaulaincourt, Decrès allèrent porter l'abdication aux Représentants, Gaudin, Mollien, Carnot aux Pairs. A la Chambre basse, Fouché discourut et prétendit s'attendrir, mais il ne parla pas plus de Napoléon II que n'en parlèrent les orateurs qui lui succédèrent, même Regnaud. Pourtant celui-ci parla avec émotion de l'Empereur et provoqua la Chambre à faire au moins près de lui une démarche de déférence, à lui exprimer, au nom de la nation, son respect et sa reconnaissance. Napoléon ne s'y trompa point; il jugea le néant des motifs, mais il voulut montrer qu'il n'était point dupe, «Je recommande mon fils à la France, dit-il en terminant. J'espère ([u'elle n'oubliera point que je n'ai abdiqué que pour lui. Je l'ai fait aussi, ce grand sacrifice, j)our le bien de la nation ; ce n'est qu'avec ma dynastie qu'elle peut espérer d'être libre, heureuse et indépendante. » M. le comte Lanjuinais répondit par quelques paroles coupantes, que « la Chambre n'avait

délibéré que sur le fait précis de l'abdication ; mais qu'il se ferait un devoir de rendre compte à la Chambre du vœu de Sa Majesté pour son fils. » Les hommes de l'espèce de La Fayette trouvèrent qu'il y avait dans cette réponse une présence d'esprit, une déférence et, en même temps, une fermeté admirables.

L'Empereur, lui, avait senti l'insolence et la sottise parlementaires; aussi, quand, au nom de la Chambre des pairs, Lacépède se présenta avec le bureau pour lui offrir de menteuses condoléances ; que, lui aussi, il pasèa sous silence Napoléon II, l'Empereur le releva avec une extrême vivacité : « Je n'ai abdiqué, dit-il, qu'en faveur de mon fils... Si les Chambres ne le proclamaient pas, mon abdication serait nulle... Je rentrerais dans tous mes droits... D'après la marche que l'on suit, on ramènera les Bourbons... Vous verserez bientôt des larmes de sang... » Et il dénonça la faction d'Orléans prête à trahir la branche ainée comme à livrer la patrie...

Gela ne changea rien au plan des conjurés. Lorsque, à la Chambre basse, Durbach insinua que c'était au Conseil de régence d'administrer et qu'il n'y avait point lieu de nommer un Gouvernement provisoire, il fut hué ; car Fouclié entendait tout conduire et avait pris son parti. Il fallait qu'il fût élu l'un des cinq membres de ce gouvernement; les représentants en nommèrent trois qui furent Carnot, Fouché et le général Grenier. Pour ceux

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